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« Les voyages sont le paradis des fous »

« Les voyages sont le paradis des fous »

By on 30 Oct, 2016 | 12 comments

Jeudi 6 octobre. Départ de Puno, dernière « grosse » ville Péruvienne avant la frontière Bolivienne. Ma route longe le lac Titicaca, le soleil brille et fait jouer ses rayons sur l’eau claire, bordée par de petites parcelles de champs cultivés qui contrastent avec leurs couleurs vertes, jaunes et brunes.

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J’ai choisi un hôtel sur le rivage du lac, à l’entrée d’un petit pueblo. Quel bonheur de retrouver un peu de calme après le bruit incessant des villes et de la circulation des derniers jours. Luxe suprême, un service de massage est proposé à un prix imbattable, suivi d’un dîner sur fond sonore à la sauce péruvienne : « Imagine » de John Lennon, « Besame Mucho » de Cesaria Evoria ou encore la BO de « Titanic » à la flûte de pan… pourquoi pas.

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En reprenant ma route, les montagnes Boliviennes de la Cordillera Real se dessinent au loin, derrière le lac. Je suis déjà à 4000 mètres et pourtant elles paraissent gigantesques, la plupart culminant autour des 6000.

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De l’autre côté, j’ai l’impression d’être de retour dans les rocheuses, les ânes en remplacement des mustangs, et les maisonnettes en terre à la place des ranchs…

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Je croise mes premiers bike trippers. Deux argentins, Paolo et Lucciano, qui remontent en sens inverse vers Cusco. Echange de quelques conseils logistiques sur nos itinéraires respectifs, puis chacun reprend sa route.
Le lendemain, les premières lueurs du jour m’offrent un paysage idyllique pour mes derniers kilomètres avant la frontière. Ambiance paisible. Les pêcheurs en barque qui vont relever leurs casiers autour desquels virevoltent les mouettes, les paysans qui travaillent à coups de pioches dans les champs, les animaux qui broutent tranquillement.

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Un petit vieux à l’image des chanteurs du « Buena Vista Social Club » marche derrière ses deux ânes, surchargés par leurs ballots d’herbes. En arrivant à sa hauteur, il me salue et m’applaudit en soulevant son chapeau de paille, accentué par un superbe sourire…sans dents !

A midi tout pile je suis au poste d’immigration Péruvienne. Clac, tampon de sortie, merci et bonne journée. Cinq minutes plus tard je suis à celui de l’entrée Bolivienne. « Vous voyagez avec votre vélo ? Génial ! » Clac, tampon d’entrée. « Bienvenido en Bolivia amiga » !

Un peu plus loin, c’est la ville de Copabacana. Pas celle du Brésil, l’autre…60 000 habitants qui vivent quasi exclusivement du tourisme au bord du lac. La plage est remplie de pédalos kitsch en forme de cygnes géants, de grandes bulles flottantes en plastique dans lesquelles les gamins roulent en courant sur l’eau, le tout bordé par une multitude de petites tiendas le long du sable.

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Mon « Ecolodge » est un peu à l’écart du centre ville, quasiment les pieds dans l’eau. Le chant des oiseaux à la place de celui des klaxons au réveil, ça n’a pas de prix.

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Le lendemain, excursion en bateau pour une journée sur l’Isla del Sol, la plus grande du lac Titicaca avec ses 14km2. Une fois sortis de la crique, les creux des vagues qui font tanguer notre bateau comme une caisse a savon donnent vraiment la sensation d’être en mer. Tout le monde est soulagé d’accoster au petit port du Nord de l’île, depuis lequel un sentier grimpe sur le haut des crêtes et offre un panorama sur chaque côté du lac. Je partage ces moments avec un groupe de français qui s’agrandit au fur et à mesure de leurs voyages respectifs.

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Arrivés au Sud, le petit village de Yumani fait office de buvette générale, pour les touristes comme pour les animaux. Pendant que nous attendons le retour de notre bateau, les habitants descendent tour à tour ânes et lamas qui viennent s’abreuver dans le lac, puis restent à somnoler, contempler l’animation alentour ou régler leurs comptes, oreilles baissées et regards en coin.

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De retour sur le continent, je réfléchis à l’organisation de la suite de mon périple en Bolivie. On m’avait prévenu de la vie difficile, je vais rapidement en faire le constat sur place. Dix millions d’habitants, dont la moitié vivent en dessous du seuil de pauvreté. En dehors des villes principales, les infrastructures du pays sont encore très limitées, les routes une aventure à elles seules, les points d’étapes pour dormir à l’abri quasi inexistants.
Sur l’Altiplano Péruvien, un touriste français, au pied du bus de son circuit organisé, m’avait dit en nous scrutant Surly et moi «Ou vous êtes très courageuse, ou vous êtes complètement folle ! » Je lui avais répondu « Sûrement un peu des deux alors… » Courageuse ou folle, peu importe, en tout cas pas encore assez pour me lancer seule à vélo sur ces terres aussi rudes. Je décide donc de prévoir des liaisons en bus, à commencer par une étape de quelques jours à La Paz.

Malgré le fait que l’axe Copacabana-La Paz soit emprunté par des dizaines de bus chaque jour, il n’en reste pas moins «chaotique ». On pourrait même croire à une énorme blague, quand les déviations font couper les véhicules à travers champs, qu’il faut descendre pour laisser le bus allégé traverser un fossé trop profond, où encore quand les chauffeurs s’entraident pour glisser de grosses pierres sous leurs roues qui patinent !

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En arrivant par « El Alto », banlieue Nord de La Paz, c’est encore plus de pauvreté, plus de chiens errants, des maisonnettes de briques rouges au milieu des gravats et des ordures, dans lesquels fouillent les cochons et les chiens…
La Paz est une ville tentaculaire d’1,5 millions d’habitants, encaissée dans les montagnes. Un véritable bordel géant ! Bien que Sucre soit la capitale « officielle » du pays, La Paz en est le centre économique et financier.

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Mis à part quelques jolies places, églises et monuments coloniaux, la beauté n’est pas le critère premier qui ressort de cette ville. En revanche, la diversité de ses quartiers la rendent assez singulière. Le quartier « branché » de Socopachi avec ses bars et restaurants internationaux. Celui d’artisanat qui regroupe les vêtements, sculptures et bijoux plus ou moins traditionnels…
Le Marché des Sorcières où l’on peut acheter des fœtus de lamas séchés, des poudres aux vertus multiples et des amulettes en tout genre. Et les interminables marchés où l’on passe des sous vêtements aux habits pour chiens, de l’électronique aux cuvettes de wc, des mamas qui vendent leurs jus de fruits ou leurs herbes aromatiques à même le trottoir, au milieu des gaz d’échappements…

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Bref, trois jours à crapahuter parmi tout ça dans un vacarme incessant me laissent KO, altitude aidant. Si le Pérou n’est pas une destination de tout repos, la Bolivie l’est encore moins.

Ma liaison suivante est un bus de nuit en direction de Sucre. Quatorze heures de route. Deuxième round des blagues de transport boliviennes. A la dernière minute, après avoir chargé en vrac les sacs des voyageurs, le chauffeur me demande de démonter mon vélo car il n’y a plus assez de place. Je m’exécute en vitesse et mon pauvre Surly est méchamment chargé, écrasé dans le peu d’espace libre. Je prends sur moi en grinçant des dents, on verra bien à l’arrivée.

La suite ne sera malheureusement pas plus sereine… Les arrêts réguliers du bus, lumières allumées et portes grandes ouvertes qui laissent entrer un froid glacial à 2h du matin, combiné au défilé des locaux qui montent vendre leurs boissons, biscuits ou sandwichs rendent le sommeil quelque peu…compliqué !
Au petit matin j’arrive finalement à Sucre, et récupère mon vélo déraillé, le câble de dynamo coupé et le garde-boue avant bien tordu. Je remonte le plus gros, ferme les yeux sur le reste et mets le tout dans un taxi direction le repos d’un bon hôtel.

Mais pour finir de m’achever… mon téléphone glisse de ma poche en descendant du taxi. Je m’en rends compte une fois au comptoir de l’hôtel. En vérifiant la caméra de l’entrée avec les réceptionnistes, on aperçoit l’épicière d’en face qui, pendant que le chauffeur et moi avons le dos tourné, ramasse quelque chose à côté de ma portière, et retourne tranquillement s’asseoir derrière sa caisse. Malgré tous les efforts des deux hôteliers, elle soutiendra que « non, non, c’était juste une pièce de monnaie par terre » !
Rien de plus à en tirer. Dépit. Douche. Ruminage. Repos. 48h plus tard j’ai trouvé un nouveau téléphone, et récupéré une partie de mes contacts les plus proches. Le moral remonte.

Je peux maintenant profiter de la ville, décrite à juste titre comme la plus belle de Bolivie. Sucre, capitale administrative, est une vraie bouffée d’air frais en comparaison des autres villes du pays. Son architecture coloniale est superbe, ses bâtiments peints à la chaux la rendent lumineuse. Propre et accueillante, j’y prolonge mon passage de quelques jours pour visiter ses musées, ses parcs, et en apprendre un peu plus sur son histoire.

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La Maison de la Liberté qui abrite la Déclaration d’Indépendance du pays. Le Musée d’Art Indigène qui expose les tissages traditionnels, tellement admirables qu’ils sont classés au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Les Eglises et Couvents du haut desquels on peut admirer les toits de la ville. La réplique miniature de la Tour Eiffel dans le chaleureux Parc Bolivar…

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Un peu à l’extérieur de la ville, le « Parque Cretàcico ». Créé depuis une vingtaine d’années, une longue falaise mise à nue lors de la création d’une cimenterie expose les traces de pas de différents dinosaures, vieilles de plus de 60 millions d’années. Plusieurs reproductions d’espèces en taille réelle retracent l’histoire de ces géants, le plus grands d’entre eux mesurant 36 mètres de haut !

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Reposée et détendue, je suis prête pour attaquer ma troisième et dernière liaison en bus, direction Tupiza. Cette fois, pas de troisième round des blagues de transport. Neuf heures de route sans encombres, et ma nuit se termine sur le canapé à l’accueil de l’hôtel, grâce au gentil réceptionniste qui vient m’ouvrir la porte à 4h du matin…

Cette petite ville de 20 000 habitants, tout en bas de la Bolivie, est la base idéale pour organiser une excursion dans le Sud Lipez, région la plus sauvage, la plus hostile, mais aussi la plus époustouflante du pays.
Je confie Surly et une bonne partie de mes affaires à l’hôtel, et c’est parti pour quatre jours en Jeep sur le « ripio » bolivien, pistes ondulées de sables et de graviers. Joie de m’éloigner de l’agitation des villes pour retrouver un peu de nature. Karoliina, une finlandaise, ainsi que Catty et Anaïs, deux françaises, sont les trois filles qui m’accompagnent et voyagent également en solo. Alvaro, notre chauffeur-guide-mécanicien, est suivi par deux autres 4×4 dans lesquels des Français, Anglais et Argentins nous retrouvent pour les repas et les soirées.

La première journée nous emmène sur l’Altiplano Bolivien, en traversant les montagnes sculptées par l’érosion, ponctuées de cactus et d’arbustes épineux. Plusieurs petites exploitations minières extraient de ces lieux argent, or, cuivre et étain. Certains minéraux brillent sous le soleil dans les rivières asséchées.

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Les lamas sont présents un peu partout, et je rencontre mes premiers troupeaux de vigognes, fines et gracieuses, qui détalent à notre vue. Cette espèce, de la même famille que les lamas, est sauvage et protégée. Sa laine est la plus qualitative mais aussi la plus chère du monde, entre 400 et 500 dollar le kilo !

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Pour les repas, arrêts dans de petits pueblos perdus au milieu de nul part, où vivent quelques familles, souvent moins d’une centaine de personnes. Idem pour le soir, tout le monde se retrouve dans des auberges basiques, emmitouflés dans les doudounes, bonnets et duvets chauds. Ici, les nuits descendent à -10 degrés, et j’ai une pensée très forte pour les rares cyclistes qui traversent la région en dormant sous la tente…
L’ambiance joyeuse réchauffe l’atmosphère, et les conversations partent en vrille, entremêlant l’Espagnol, l’Anglais et le Français.

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La deuxième journée nous fait découvrir des lagunes sorties d’une autre planète. Les algues et les minéraux présents dans l’eau, combinés aux aux effets du vent et du soleil, leurs donnent une couleur tantôt verte, tantôt rouge, noire ou blanche.
Une touche de flamants roses, quelques volcans à 6000 mètres en arrière plan et c’est tout simplement un décor de carte postale. La beauté des paysages et la rudesse du climat confère une magie toute particulière à ces terres contrastées.

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Entre les lagunes se succèdent les déserts de sable et les montagnes si colorées qu’on les croiraient peintes à la main. Les champs de pierres de laves pétrifiées, vestiges figés d’un lac qui s’est retiré depuis plusieurs milliers d’années. Les roches aux couches plus ou moins friables, sculptées par les vents. Les ruines de villages espagnols du 17eme siècle, délaissées par les populations locales du fait des conditions hivernales trop extrêmes.

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Dernière nuit dans un hôtel de sel, étonnamment bien isolé. Au petit matin, nous quittons les lieux pour arriver avant le lever du jour sur la petite île d’Incahuasi, recouverte de cactus, au beau milieu de l’un des « Must See » de mon voyage : le Salar d’Uyuni. Plus grand désert de sel au monde, perché à 3650m, il s’étend sur près de 12 000km2.

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Un calme olympien règne à mesure que les premiers rayons s’étalent sur l’immensité blanche. Une énergie indescriptible se dégage. Même un chien grimpé sur son rocher semble admiratif devant ce spectacle.

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Nous traversons ce désert blanc sur les traces du Dakar, dont une partie de l’itinéraire traverse la région.

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En rejoignant la route qui mène à la ville d’Uyuni, extasie générale devant les quelques kilomètres de bitume lisse … oui la Bolivie vous ramène à savourer les choses les plus simples !
Echanges de contacts et adieux avec les autres voyageurs qui continuent leurs routes vers La Paz, Sucre ou San Pedro de Atacama. Pour moi, quelques heures cahoteuses supplémentaires pour retourner à Tupiza avec Alvaro.

Enfin arrivée à l’hôtel, mes fringues sont sales et poussiéreuses, ma peau est asséchée, mes yeux cernés, mes muscles bouillis par ces quatre jours de pistes … mais des images et des sensations d’un autre monde sont gravées dans ma mémoire.

Durant ma journée de farniente intensif du lendemain, je fais la connaissance de Sébastien, un cycliste français qui arrive du Paraguay et se dirige vers Uyuni. Infirmier de métier, il travaille en intérim et part chaque année durant les mois d’hiver vers de nouvelles destinations. Nous partageons nos expériences de cyclo-voyageurs autour de quelques repas.

Avant de remonter sur le vélo, j’opte pour un autre type de selle, le temps d’une journée à cheval. Dans la petite hacienda qui regroupe une quinzaine de chevaux, mon choix s’arrête sur « Cascaritas », petit cheval bai aux origines (très lointaines) de Paso Péruvien.

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Brian, mon guide, m’accompagne pour les sept heures à venir. Nous comparons avec amusement le coût du monde équestre entre nos deux pays. Ce qui lui fait ouvrir de grands yeux ronds quand une ferrure Bolivienne à 2 euros en coûte 80 chez nous, ou qu’ici le prix d’une selle à 100 euros est 10 à 30 fois supérieur en France.

Tupiza et ses alentours n’ont rien à envier au Far West Américain. Ses montagnes rouges et ses pics rocheux, ses canyons et ses cactus me renvoient à mes souvenirs du Nord quelques mois plus tôt. La journée s’écoule le long d’une petite rivière bordée de saules pleureurs et de nuées de perruches vertes qui s’envolent dans un vacarme aigu.

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Mercredi 26 octobre. Une centaine de kilomètres me sépare de la frontière Argentine. J’ai le sourire jusqu’aux oreilles de reprendre enfin mes aventures avec Surly… bientôt remplacé par les grimaces dans les dénivelés. Une longue et difficile journée de reprise qui nous amène finalement à La Quiaca. Nouveau coup de tampon, nouveau pays. Plus que 5 000 bornes avant d’arriver à Ushuaia !

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Une journée de repos à la frontière et je suis sur pieds pour reprendre la route. En préparant mes sacoches à l’hôtel, on me demande si j’accepte de répondre à quelques questions pour une chaine de télévision locale. Cinq minutes plus tard, me voilà face au micro et à la caméra pour ma première interview … en espagnol !

Finalement prête à partir, j’ai à peine traversé la route qu’un un « berger allemand-argentin » se rue gaiement sur moi en frétillant, sautant et jappant autour de mon vélo. Habituellement les chiens des rues sont plutôt indifférents, voire carrément antipathiques, mais celui là me fait la fête comme s’il retrouvait une amie de toujours !
Sa joie est contagieuse et je lance mes premiers coups de pédale en rigolant, le voyant gambader à mes côtés, pensant qu’il va m’escorter jusqu’à la sortie du village. Non seulement il m’accompagne jusque là, mais il continue de me suivre, tellement heureux ! Tantôt galopant devant moi en sautant dans les herbes, tantôt à mes côtés, le nez dans l’ombre de mes sacoches ou trottinant dans le prolongement de ma roue arrière.

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5kms…10kms…15kms… après chaque pause, il repart de plus belle ! Même quand je pense qu’il faiblit, il me surprend à partir comme une flèche pour courir après des lamas, et fait même barrière face à trois chiens qui déboulent vers nous comme des furies.

Au bout de 20 kms, ce chien que j’ai surnommé « Loco » (fou en espagnol) vient d’avaler un semi-marathon avec une spontanéité naturelle déconcertante. Après avoir partagé ma réserve d’eau avec lui, je lui concède ma boite de thon, bien méritée…

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Malheureusement il me reste près de 60kms avant mon étape du soir et je ne peux raisonnablement pas le garder avec moi. Tristement, je me résigne à le laisser au village suivant, quelques kilomètres plus loin. A l’ombre d’un abri bus, entre des mamitas et des enfants, il me regarde avec ses yeux interrogateurs, guettant mon signe pour continuer, mais je file en vitesse pour le dissuader de me suivre…

 

 

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La fin de mon étape sera plus rapide mais bien moi pétillante. La route est lisse, la pampa est calme.
Première différence dans ce nouveau pays, je retrouve quelques « vraies » voitures sur la route. Au Pérou et en Bolivie, les locaux n’utilisent que des bus collectifs ou des taxis délabrés.

Puis le lendemain, les paysages changent et les couleurs s’élargissent sur de superbes montagnes, canyons et champs de cactus. Je passe progressivement de 3700 à 2900 mètres, et devrais continuer à descendre dans les jours à venir.

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Dimanche 30 octobre. Humahuaca. Quelques centaines de kilomètres me séparent de Salta. J’y retrouverai dans une dizaine de jours deux amis proches qui viennent de France, pour un road trip à la découverte du Nord Argentin !

D’ici là… Que le vaya bien !

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    12 Comments

  1. Quelle aventure dans ces régions hautes en altitude ,en couleurs ( bravo pour les photos ) mais quasi inhospitalières.
    Bravo aussi pour ton courage ,mais «  » cuidado » tout de même !!
    Il est certain que cela ira mieux en descendant mais c,est toujours l’Amérique du Sud!
    Le chien « loco » est stupefiant de courtoisie et drôle.
    Bon courage pour la suite .
    Michel

    • Merci Michel! Je commence aussi à découvrir le vent Argentin, et a priori ce n’est que le début!
      A bientôt 😉

  2. Magique les photos!!!!…..Bravo pour les épreuves surmontées…!Hushba est un peu jaloux de cette amitié « argentine » mais accepte tout de même ton compagnon de route ….beau moteur de dynamisme. Le plus compliqué semble derrière toi et 2 merveilleuses semaines s’annoncent ….Milliers de bises

    • Mon pauvre loup n’aurait pas tenu la moitié de la distance sans qu’il lui arrive un truc !!!

  3. Super Module!
    De très belles photos encore!!
    Bisous 😉

    • Merci Caro 😉 Bisettes!

  4. Bonsoir Maud. Wouah tes photos sont magnifiques. Elles en font oublier la « rudesse » des lieux. « Loco » doit penser à toi dans la pampa, comme quoi les coups de foudre canins ça existe ! Le même ciel bleu nous réunit ces jours-ci, c’est magique d’être sous ce même toit et si loin en même temps mais c’est aussi une manière de partager.
    Encore merci pour ton roadbook c’est superbe. Bonne continuation et plein de bises remplies de cette belle lumière automnale.Chantal

    • Merci Chantal! Profites bien de l’été indien rochelais! De mon côté, après tant de mois au soleil ça risque de me faire tout drôle quand je vais débarquer en France en plein hiver 😉 Bises à bientôt

  5. 3 pays en un article, tu bâcles ma chérie, tu bâcles!?
    PourQuoi tu n’as pas pu garder Loco avec toi? Je pense pas que tu aurais eu à le sortir faire sa pissette ni à l’emmener chez le toiletteur, hé hé! Alors les retrouvailles avec un canasson? Ça faisait qq temps là il me semble.
    Pour l’épicière, j’espère que tu as noté l’adresse pour qu’on aille lui péter les genoux !!!
    Allez, pédale bien !

    • Je vois que tu me suis de près ma morue 😉 Si je retrouve Loco, je te le ramène pour garder ton jardin! Et pour le canasson tu as raison, un peu plus de cinq mois que je n’étais pas montée, ce qui ne m’étais pas arrivé depuis l’âge de quatre ans ^^^ Bécots et à très vite pour de nouvelles aventures!!

  6. Je rattrape mon retard…. poco a poco… les « blagues des transports » ça m’a rappelé pas mal de souvenir 🙂 .

    Les paysages sont magnifiques!! encore bravo

    • Dis donc c’était en novembre les blagues de transport! Il te reste jusqu’a début avril pour rattraper la suite… après ça c’est moi qui viendrai en personne au siège pour le debrief live 🙂 🙂 🙂 Bisous à très vite!!

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