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« La vie ce n’est pas seulement respirer, c’est avoir le souffle coupé »

« La vie ce n’est pas seulement respirer, c’est avoir le souffle coupé »

By on 6 Oct, 2016 | 11 comments

Vendredi 16 septembre. Bienvenido al Peru !
Le souffle coupé, ça je vais l’avoir. Et dans tous les sens du terme. Littéralement. Métaphoriquement. Physiquement. Culturellement. Après dix jours passés dans l’environnement aseptisé de San Francisco, mes premiers jours Péruviens sont un changement radical !

Arrivée à l’aéroport de Cusco après 16h de vol sans encombres. Les sacoches et le vélo sont là, le passage à la douane se fait en un clin d’œil. Une fois de plus, j’ai la chance d’avoir un pied à terre en arrivant sur le sol de ce nouveau pays.
Bertrand, un de mes amis français, m’a mis en contact avec l’un de ses potes qui vit ici depuis quelques mois. Je fais donc la connaissance de Glenn, ainsi que de Bérenger et Victor, qui vivent en colocation dans un grand appartement un peu à l’extérieur du centre.
Un Breton, un Sudiste et un Poitevin, qui bossent dans l’organisation de séjours touristiques au Pérou. Leurs amies Péruviennes, Katty et Helen, sont régulièrement à l’appart, ce qui me permet d’écouter l’accent espagnol et de ressortir du fond de mon cerveau mon vocabulaire hispanique.
Grâce à eux, je ne peux rêver meilleure acclimatation. Leurs conseils des premiers jours seront précieux pour m’habituer à l’altitude, m’orienter dans la ville, payer les prix justes, choisir mon itinéraire…

Cusco, perchée à 3 400m, est entourée par les montagnes brunes de la Cordillère des Andes. Ici comme ailleurs dans le pays, la vie est un « joyeux bordel », aussi organisée que le réseau d’innombrables fils électriques dans les rues. Les quartiers sont pleins de vies, de vendeurs de tout et de rien, de chiens errants, d’écoliers en uniformes, de couples collés serrés qui se tiennent la main comme des collégiens. Des couleurs, de la musique, de la poussière, des bâtiments à moitié finis. Et un niveau de vie un bon gros cran en dessous de leurs voisins du Nord.

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36h après avoir posé les pieds sur le sol Péruvien, premier test d’acclimatation. Si j’y survis, je serai prête pour la suite… La coloc a prévu une journée de randonnée avec ascension du Pachatusan, la plus haute des montagnes qui domine la ville et ses vallées alentours.
Départ à 5h30, un bus collectif nous amène à l’extérieur de Cusco. Trois quart d’heure plus tard nous débutons l’ascension. En commençant par le site archéologique de Tipon, à 3500m.

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Puis nous suivons l’Inca Trail qui disparaît en laissant place à une (douloureuse) traversée de buissons épineux pour arriver finalement sur un sol plus aride, battu par le vent qui se renforce à mesure que nous approchons des aiguilles du sommet.

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Plus confidentiels que les traditionnels sentiers touristiques, nous avons la montagne pour nous seuls. La hauteur augmente, le corps se ralenti. Le cœur s’accélère au moindre effort et je dois faire de fréquentes pauses pour éviter le mal d’altitude. Un peu plus de 1000m de dénivelé positif et nous atteignons les 4400m en début d’après midi.

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Pour la première fois je ressens cet incroyable sensation d’être sur le Toit du Monde. Les sommets de la Cordillère à perte de vue, et les avions qui volent en dessous de notre niveau !

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En redescendant nous croisons de grands troupeaux de moutons farouchement protégés par leurs chiens de bergers, quelques chevaux chétifs attachés par un simple morceau de corde autour de l’encolure, et finissons par arriver dans un petit village d’où nous pouvons admirer les dernières lueurs du soleil qui illuminent les crêtes sur lesquelles nous progressions quelques heures plus tôt.

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Après onze heures de marche, retour à Cusco, totalement épuisée mais ravie d’avoir passé ce premier test physique avec succès !

24h de repos complet plus tard, je décide de partir à la découverte du centre ville à vélo. A peine 500 mètres avec Surly et je fais demi tour pour le ramener à l’appart. Impossible d’avancer ! La circulation est trop dense. Ici c’est la loi de celui qui pousse le plus pour passer en premier, au milieu du concert des klaxons. L’option trottoir est encore pire entre les gens, les chiens, les marches de trente centimètres…
Je reprends donc mon chemin à pied. La différence entre les quartiers populaires et le centre historique est flagrante. Autour de la place principale, on croise une grande majorité de touristes, parmi lesquels des locaux tentent de vous vendre des excursions, des manucures, des massages. Des grands-mères avec leurs habits traditionnels colorés et leurs lamas vous proposent un cliché contre une petite pièce, des gamins sautent devant l’objectif en criant « Photo !! Photo !! ».
Si on s’éloigne un peu, on retrouve vite les quartiers plus typiques, les marchés locaux, et la vie populaire.

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A peine trois heures plus tard j’ai déjà le contrecoup de l’altitude qui me tombe dessus, et je me traîne péniblement. Heureusement, pour l’équivalent d’un à deux euros, un taxi vous conduit dans toute la ville. Pas de mauvaises surprises, le prix se négocie avant de monter. Avec en prime la joie de découvrir leur customisation travaillée avec goût : tapis en moumoute sur le tableau de bord, personnages religieux collés sur le pare brise ou suspendus au rétroviseur dans des flots plastifiés dorés.

En rentrant à l’appartement, j’ai cette sensation vaporeuse de lendemain de grosse soirée. Idées brumeuses, corps au ralenti, mal de crâne… je m’écroule sur le canapé et n’en bouge plus de l’après midi. Heureusement, les garçons sont là pour me rassurer, rien d’anormal. Acclimatation en progression. Repos et tisane de coca à volonté.

Deux jours tranquilles et je suis sur pieds pour une excursion à l’inévitable Machu Picchu. Histoire de peaufiner ma mise en condition, je choisis l’option la plus sportive, avec bus et marche à pied. Surly reste à Cusco, trop compliqué de gérer le trajet en vélo.
Un mini bus me conduit jusqu’à Hydro-Electrica. A l’intérieur, quinze personnes, toutes nationalités confondues, mais avec des profils similaires de baroudeurs entre 25 et 35 ans : Equateur, Chili, Mexique, Espagne, Amérique et j’en passe.
Sans oublier notre chauffeur et son tee-shirt Ferrari, qui semble satisfaire ses ambitions refoulées durant les cinq heures de petites routes en lacet qui serpentent dans les montagnes. Mieux vaut ne pas être sensible au mal des transports.
Une dernière heure de bus sur une piste abrupte où deux véhicules se croisent difficilement, et nous arrivons à la centrale électrique qui marque le début de la route à pied.

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Le guide qui coordonne notre excursion nous attend sur place. « Mickaël ». Fou rire avec les filles du bus. Annoncé comme bilingue Anglais-Espagnol, la réalité ne correspond pas vraiment à l’image du guide que l’on s’était fait… Le Mickael péruvien avec son jogging, son sac à dos et sa crise d’acné, semble à peine sorti de l’adolescence !

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Durant les 9kms de marche qui nous séparent du pueblo au pied du Machu Picchu, je rencontre Felipe, un Colombien qui me soutient avec amusement pour traverser un vieux pont métallique craquant sous nos pas.

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Mis a part les assauts des moustiques qui nous dévorent littéralement, cette randonnée en forêt est vraiment agréable. La végétation est luxuriante, le chant oiseaux nous accompagne, mon espagnol se délie petit à petit.

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Trois heures plus tard nous arrivons à Aguas Calientes, où nous passons une courte nuit.
Réveil matinal a 3h30. Départ à 4h sous la pluie, à la lueur de nos frontales avec Hugo, un Français, et Velvett, une Mexicaine. Le premier « check point » ouvre à 5h pour ceux qui décident de monter les 400 mètres de dénivelé à pied.
Déjà trempée, en pleine nuit, quelques chiens crasseux autour de nous, j’observe la file de marcheurs sous leurs ponchos qui s’allonge rapidement dernière nous. Instant de doute …mais pourquoi tout ça ?!
Puis, plus le temps de réfléchir, c’est parti pour une heure où il faut « subir ». En Espagnol, ça signifie « monter ». En Français « galérer ». Le but : grimper un peu plus de 1700 marches le plus rapidement possible pour arriver avant la première navette à l’entrée principale.
Le jour se lève sur les montagnes embrumées au fur et à mesure de notre ascension. Cinquante minutes plus tard, je suis dans les premières personnes à entrer sur le site. Direction le « Mirador ». Encore quelques marches, et là… je comprends! La vue est parfaitement dégagée, et le Machu Picchu se dresse devant nous. Instants magiques avant que la foule de ponchos colorés n’envahisse les lieux.

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A 2400m d’altitude, le Machu Picchu, qui signifie « vieille montagne », est une prouesse archéologique, une cité en forme de condor construite en plein milieu de montagnes abruptes. 70% du site est original, seulement 30% a été restauré avec soin.
Les brumes créent une ambiance mystique, voilant et dévoilant les vestiges en quelques minutes, selon le souffle du vent.

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Un guide nous fait découvrir les lieux, les traditions et croyances du peuple Inca qui vivait ici autrefois. La symbolique des animaux mythiques : le Condor pour les cieux, le Puma pour la terre, le Serpent pour le monde souterrain. Leurs connaissances et utilisations du système lunaire pour les cultures agricoles, leurs cultes solaires…
Après ces quelques heures mémorables, il est temps de refaire le chemin en sens inverse. 1700 marches de descente. 9kms à pied. Les moustiques. Six heures de bus et un retour à Cusco avec douche chaude et nuit de sommeil salvatrice.

Un week end réparateur, et quelques préparatifs avant de boucler à nouveau les sacoches. Un dernier repas avec toute la coloc franco péruvienne et je me sens prête pour prendre la route. A vélo cette fois !
Mardi 27 septembre, 6h30. C’est parti pour ma première journée Sud Américaine avec Surly. Malgré mon départ matinal il y a déjà du monde pour sortir de Cusco, les gaz d’échappement des bus collectifs et des taxis, les péruviens qui sortent travailler…Passé les limites de la ville je découvre les petits pueblos nichés au creux des montagnes, quelques lagunes, le parfum des eucalyptus qui bordent ma route.

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La vie traditionnelle à la campagne. Le travail dans les champs, les bœufs qui labourent, le ramassage du bois, la conduite des troupeaux… Et toutes les générations s’adonnent à ces taches agricoles.

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La vie est rude. Rudimentaire. Pédaler à 4000m me paraît un jeu d’enfant en comparaison de leur quotidien. Et pourtant, chaque personne croisée m’adresse un grand bonjour souriant, certaines me souhaitent bon voyage. Les enfants rigolent et me font de grand « Holà ! », même du fin fond de leurs champs.

Les « mamitas », mamas péruviennes traditionnelles sont multi tâches. Je les croise partout ; sur les marchés, dans les cultures, surveillant les animaux…

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La mamita typique ne dépasse pas le mètre cinquante, porte deux longues tresses nouées ensembles dans le bas du dos, un grand chapeau de feutre, une jupe épaisse sous le genou et de gros collants de laine.

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Grâce à toutes les attentions bienveillantes rencontrées le long de mon chemin, mon niveau de confiance remonte vite à son maximum. Avec le sourire tout est plus facile.
Néanmoins, de ce côté de l’Amérique, plus possible de me fondre dans la masse. Je reste une « gringita » et dois composer avec ça. Malgré la gentillesse des habitants, je m’impose donc quelques précautions supplémentaires. Je range systématiquement mes cheveux sous ma casquette. Même avec la chaleur les Péruviens sont couverts de la tête au pied, alors je laisse mon short et mes tongs au fond des sacoches. J’évite d’arriver trop tard en fin de journée à mes points d’étapes. Je connais systématiquement ma destination du jour, et précise éventuellement qu’un ami est un peu plus loin sur la route, ou que je rejoins du monde dans la prochaine ville. L’important étant de paraître sûre de soi.

Avec l’altitude, je réduis mes distances journalières, entre 30 et 70kms. Mis à part mon système digestif qui peine à s’acclimater à son nouvel environnement, le reste de ma condition physique est plutôt bonne. Mais rouler au delà de 3500 mètres apporte quelques contraintes supplémentaires. Le moindre petit dénivelé impose des pauses plus fréquentes. Ma respiration doit restée focalisée sur le rythme de mon pédalage, et il m’est bien plus difficile de pousser la chansonnette !
Le soleil brûle les yeux et assèche les lèvres, mais la température chute très rapidement dès qu’il se cache. Les petites blessures peinent à cicatriser, et les pâtes prennent un temps infini à cuire…

En revanche, la circulation est plus facile que je ne m’étais imaginé. Pour sûr la conduite ne fait pas partie des qualités premières des péruviens. Les panneaux de limitation de vitesse ne servent clairement à rien, mais leur passion pour le klaxon à l’avantage de me prévenir quasi systématiquement de leur arrivée dans mon dos, même sans utiliser mon rétroviseur.
Et puis ici, sur la route, tout est permis : A trois voire quatre sur une moto-cross avec le gamin, le chien dans les bras et les fagots de bois sur les genoux. A dix dans un taxi collectif. Avec son mouton à l’arrière d’un taxi mobylette…why not !

Mes seules frayeurs sont dues aux chiens. Dans les villes ils sont plutôt inoffensifs, mais dans les zones plus reculées où ils gardent les maisons et les troupeaux, ils ont une sale tendance à foncer droit sur moi en aboyant toutes dents dehors. La plupart du temps, le fait d’arrêter le vélo, voire de descendre et marcher quelques mètres en prenant ma plus grosse voix de camionneuse suffit à les stopper. Mais finalement, mes ours noirs du Yukon étaient bien plus mignons, et ma bombe au poivre m’aurait été plus utile ici !

 

Environ 400kms me séparent de Cusco à Puno, ville principale au bord du lac Titicaca. Etant donné que les campings sont inexistants et qu’ici je ne me risquerai pas seule à dormir au milieu de nul part, je réussis à trouver chaque soir de petits hôtels, la plupart du temps pour moins de dix euros. Bon il ne s’agit pas d’être trop regardant sur la propreté ou la chaleur de la douche. La plupart du temps je préfère utiliser mon duvet plutôt que les draps, mais j’ai au moins l’avantage d’avoir un toit au dessus de la tête pour éviter les fréquents orages de fin de journée…

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Au deuxième jour, je m’arrête à Combapata. A l’entrée de ce petit pueblo une femme et deux hommes dans la soixantaine, attablés à un semblant de café pub, m’interpellent et m’offrent un verre de bière. Benita me demande si je ne voudrais pas rester travailler au Pérou et m’invite à Arequipa pour venir « rencontrer-son-fils-médecin-pas-encore-marié… » Je décline en souriant, « dommage-que-je-n’ai-pas-assez-de-temps-et-puis-j’ai-déjà-un-travail-qui-m’attend-en-France » !

Chaque jour je traverse un enchainement de pueblos, pueblitos, voir pueblititos entre lesquels s’étendent de belles vallées agricoles. Je suis aux alentours de 3600m d’altitude.

 

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Après la ville de Sicuani, je décide d’économiser mes forces et prends un taxi pour m’éviter les 800m de dénivelés positifs jusqu’au 4330m de La Raya, une trentaine de kilomètres plus loin. Geronimo, mon chauffeur, me dépose juste après le col à 4200m, me souhaitant bon voyage avec une accolade chaleureuse.

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A cette altitude, le paysage n’est plus le même. Plus sec, plus aride, plus frais et plus venteux. Les villages se font plus rares, la route est moins fréquentée. C’est sur cet altiplano péruvien que je rencontre mes premiers flamants roses! Eparpillés sur une petite lagune, perchés sur leurs frêles échasses, leurs cancanements se mélangent aux bêlements des brebis qui broutent à proximité, et l’eau reflète en miroir leurs silhouettes rose pâle.

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Sur cette partie de la route, les animaux sont plus présents que les hommes : troupeaux de bœufs, de lamas, quelques rapaces qui me lancent leurs regards perçants du haut de leurs promontoires.

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Néanmoins, quel dommage dans des étendues aussi belles et sauvages de voir autant de déchets plastiques, de sacs poubelles, de décharges en plein air. J’ai du mal à saisir le contraste Péruvien entre le culte de leur Terre, la « Pachamama », et la non considération de leur environnement. A plusieurs reprises, je vois des bouteilles ou des cartons alimentaires négligemment jetés par les fenêtres des voitures…

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Mais sur ma route, les paysages font aussi régulièrement place à de superbes sites archéologiques, anciens vestiges Incas.

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A Pucarà, du haut de ses ruines, la vue domine le village et l’altiplano en contrebas.

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Dans l’immense église en granit rose, un mariage vient d’être célébré. Toute la famille se presse à la sortie pour les traditionnelles photos de groupe.

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Tout autour de la place, de petits stands proposent des taureaux colorés, poteries d’origine pré-inca spécifiques à cet endroit. Les habitants placent traditionnellement un couple de figurines d’argile de taureau sur les toits des maisons avec la conviction que ceux-ci, par leur bravoure, défendront les progénitures, le bétail et apporteront la prospérité au foyer.

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En flânant je rencontre Fabienne et Thierry, deux bordelais adorables, en vacances pour trois semaines dans le pays. Un peu plus tard, sur une aire d’arrêt multiservices pour touristes, c’est un bus de français qui nous assaillissent littéralement à notre arrivée avec Surly. Une quinzaine de personnes nous entoure, prenant des photos en m’embrassant sur la joue, me bombardant de questions…L’intention est bonne mais j’ai la sensation oppressante d’être un objet touristique de plus sur leur circuit organisé.
Une fois tout ce petit monde reparti, Sonia, la propriétaire des lieux m’accueille chaleureusement et me propose de rester camper derrière le bâtiment principal. Je profite de l’après midi pour me reposer, prendre un bon repas chaud, et observer depuis ma table la marée montante et descendante de touristes latinos, américains, asiatiques ou européens qui avalent cafés-frites-hamburgers, achètent trois souvenirs et repartent aussi sec.

Première nuit de camping, bien à l’abri sous l’atelier de poterie de la maison. Et c’est tant mieux car un gros orage éclate dans la soirée. J’entends la pluie qui s’écoule, le souffle léger du vent, les chiens qui aboient. Au petit matin ce sont les poules et les pépiements de leurs poussins qui me réveillent.

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Puis cap sur Juliaca, dernière étape avant d’arriver au lac Titicaca. On m’avait prévenu que cette ville n’était pas vraiment attrayante, et je ne peux que le confirmer ! Les derniers kilomètres avant l’entrée de la ville plantent le décor, des amoncellements d’ordures sur le bord de la route, où des chiens finissent de dépecer les sacs poubelles à la recherche de quelques restes à se mettre sous la dent.

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Pour arriver dans le centre je dois traverser un marché bondé, où l’on avance péniblement à touche touche. Certains endroits sont en terre battue, inondée et boueuse suite aux orages récents.
Enfin arrivée à quelques centaines de mètres de mon hôtel, je me retrouve coincée au milieu de la parade des écoliers, entourés par leurs familles et les orchestres ronflants qui se poursuivent pendant une bonne partie de l’après midi !

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Le lendemain, après une quarantaine de kilomètres et une bonne grimpette, j’arrive en haut de la ville de Puno, sur les bords du Titicaca. Superbe vue panoramique sur le plus grand lac d’altitude au monde, à 3800m.

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Une excursion de deux jours en bateau me permet de découvrir quelques unes des trente six îles disséminées sur les 8 500km2 de ce lac.
A commencer par les iles flottantes d’Uros, succession incroyable de minuscules îlots faits de couches de roseaux superposés, soutenus par de gros piliers de terre et amarrés par de longues perches. Sur chaque parcelle vivent une vingtaine de personnes, dont les revenus sont quasi exclusivement tirés du tourisme.

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Une jeune mamita nous explique la fabrication et l’entretien d’une île, dont la durée de vie moyenne est de trente ans, en rajoutant tous les trois mois de nouvelles couches de roseaux pour renouveler sa flottabilité. Seul point noir, les relations avec les habitants sont ici clairement faussées par le tourisme, chacun d’entre eux essayant de nous vendre leurs fabrications artisanales de manière un peu trop insistante.

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Puis nous passons le reste de la journée sur l’île paisible d’Amantani. Quatre mille personnes y vivent à l’année. Une marche jusqu’au sommet, à 4130 mètres, nous amène sur le « Pachatata », lieu de recueillement où les Péruviens se rendent régulièrement pour évacuer leurs énergies négatives et se ressourcer au calme, loin du tumulte de la ville. Coucher de soleil sur le lac. Souffle coupé une fois de plus.

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Le soir nous dormons chez l’habitant par petits groupes. Je fais connaissance avec un Sud Coréen et un Tchèque. Les conversations se mélangent en Anglais, et en Espagnol succinct avec nos hôtes qui ne parlent quasiment que le dialecte Quechua.

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Au petit matin, le bateau nous récupère au port, direction l’île de Taquile. Le soleil est au beau fixe et la vue dégagée s’étend jusque sur les sommets enneigés de la Bolivie. Le lac est d’huile, les couleurs et l’ambiance rappellent le sud de la France.

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Je partage ces visites avec quatre françaises pétillantes, en voyage pendant quelques semaines dans le pays, et retrouve avec amusement la légèreté et les conversations animées des filles en groupe. A notre retour sur la terre ferme, un dernier dîner ensemble dans un succulent resto franco-péruvien puis chacune reprend son périple, de nouvelles idées de voyage plein la tête.

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Surly m’attend sagement à l’hôtel. C’est reparti pour quelques jours de pédalage le long du lac en direction du Sud. Prochaine étape, la frontière Bolivienne 🙂

 

    11 Comments

  1. Quel contraste, et quelle beauté dans les couleurs des nuages, des champs, des vêtements péruviens. ….Bravo pour cette rapide acclimatation, j’ai décrypte tous les efforts produits dans nos (plus rares) échanges téléphoniques. ..je devine le prix payé pour un retour aussi rapide de ton sourire. …!!!!merci pour tout le dispositif de sécurité qui est très rassurant! Grosses bises.

  2. Ayè, j’ai enfin récupéré mon retard et lu tes 2 derniers articles. Tu m’as fait revivre mes périples saint francistes, c’était top! Ça donne envie d’y retourner! Petite question: lombard street, en montant ou en descendant tu nous l’as faite??
    Passons à ton dernier article. Certes il a le mérite de nous faire beaucoup plus voyager et découvrir des clichés de cartes postales, c’est magnifaïque ma Chérie!… mais ma Module, me voilà bien inquiète… Tu es priée d’envoyer de tes nouvelles tous les jours pour dire que toi et Surly allaient bien! À part ça, maintenant que tu es « habituée » à l’altitude, ça se passe le pédalage ou c’est quand même beaucoup plus galère que dans le plat pays?
    Spécial check à la photo du Lama, et bon courage à tous les 2! (Oui, j’ai bien compris que Je devais traiter Surly comme ton +1).

    • Gracias la gallineta 🙂 Promis j’envoie des news, mais en Bolivie pas sûre d’avoir une connexion de fou! Mon acclimatation a 4000m est quasi complète, je sens presque mes petits globules rouges frétiller dans mon corps!! Bimsous 😉

  3. Quel changement avec l’Amérique du Nord!
    Paysage, société, environnement personnel ,font que cette région du monde est pauvre et chaleureuse …et si haute en altitude.
    Arrivė au Chili ,l’atmosphère générale sera différente.
    Et les routes , théoriquement , plus sûres à tous niveaux.
    Bravo pour ces photos qui décrivent bien ce monde sud américain.
    Prends soin de toi ā une telle altitude et à bientôt pour de nouvelles aventures.
    En tout cas chapeau pour ton courage!??

    • Merci Michel, oui un monde totalement différent par ici, pas facile tous les jours mais une expérience inoubliable pour sûr! A bientôt 🙂

  4. Encore bravo Maud!!!
    Te lire est toujours aussi agréable et aussi beaucoup de sport. Et cette fois j’en ai eu le souffle coupé à plusieurs reprises du fait de l’altitude et du manque d’air que j’ai ressenti au fil de ton récit ?
    Bon courage pour la suite,
    Je t’embrasse, Virginie et Antoine (en mode lecture au dessus de mon épaule)

    • Merci Virginie! Après quelques semaines je suis 100% acclimatée à l’altitude, et avec tous ces globules rouges je vais avoir une forme d’enfer en redescendant 🙂 🙂 Bises à tous

  5. Bonjour Maud.
    Soleil et fraîcheur en ce dimanche matin et une altitude o combien différente de la tienne. Pas facile de faire face à la diversité du monde dans sa beauté et sa laideur, ses richesses et sa pauvreté. Tu es menée à rude épreuve tant physiquement que mentalement. Suis ton instinct et que tes peurs soient le moyen d’aiguiser tes sens pour te guider. Bonne découverte de la Bolivie. Bises chaleureuses et encore merci pour ce magnifique reportage. Chantal

    • Merci Chantal pour tes précieux conseils, toujours réconfortants même à l’autre bout du monde 🙂 Bises

  6. Trop bien!!
    je revis notre voyage en Équateur à travers ton article?
    Ça donne envie de découvrir d’autres pays d’Amérique latine.
    Fait bien attention à toi et bonne route!!
    Biz

    • On s’en prévoit un pour les 20 ans des morues 🙂 🙂 🙂 Besochs!!

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