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By on 15 Sep, 2016 | 23 comments

Jeudi 1er septembre. Retour rapide à Salt lake City. Quelques détails logistiques à régler puis je prends la route. J’ai choisi de garder l’option voiture quelques jours de plus pour aller jusqu’à San Francisco, me permettant de passer quelques jours dans le Parc National de Yosemite.
Après la sortie de la ville, direction le Nevada. Je traverse plusieurs bassins de sels. Le ciel est nuageux mais les rayons de soleil qui réussissent à percer rendent ces étendues éblouissantes, dans tous les sens du terme.

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Bientôt je retrouve les plaines et les collines désertiques, parmi lesquelles quelques chevaux broutent au loin dans la lumière de fin de journée. Plusieurs centaines de kilomètres dans un no man’s land, où les voitures se font rares.

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Je traverse l’Etat du Nevada très rapidement. La plupart des petites villes mettent en avant leurs casinos has been, pâles reflets du bling bling mythique de Las Vegas, située un peu plus au Sud.

Sur la route, je retrouve à plusieurs reprises des troupeaux de chevaux sauvages. Ceux là doivent rarement être gérés par des humains car il m’est impossible de les approcher à moins d’une trentaine de mètres. Les naseaux dilatés et le pas nerveux, ils m’observent attentivement puis s’éloignent en secouant leurs crinières, traversant les prairies de buissons épineux.

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Puis la Sierra Nevada qui apparaît au loin marque mon passage en Californie. Avant de reprendre un peu d’altitude, je m’arrête près de Mono Lake, véritable oasis après cette traversée du désert.

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Cette chaîne montagneuse marque également l’entrée Est de Yosemite. Derrière ces sommets en partie enneigés, le décor change complètement. Je replonge quelques mois en arrière dans les paysages d’Alaska. Des forêts de pins, des lacs et des rivières qui font miroiter la lumière du jour.

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14340063_10157533276745232_353862710_oYosemite. Immense région qui avait une place en haut de ma « to see list ». Un peu comme Yellowstone, on y trouve une âme particulière. Derrière chaque parc national il y a une histoire, une poignée d’hommes et de femmes qui ont consacré leur vie pour embellir et conserver ces lieux hors du commun.

Au 19ème siècle, Abraham Lincoln crée un parc régional d’état englobant la Yosemite Valley et Mariposa Grove. Près de 40 ans plus tard, Théodore Roosevelt y passe un séjour en compagnie de John Muir, écrivain et naturaliste qui consacrera la majeure partie de sa vie à cette région. Convaincu par cet homme et par la magie des lieux, Roosevelt déclare Yosemite Parc National, élargissant largement sa superficie autour de la vallée.
Aujourd’hui, c’est l’un des plus visités du pays, et mieux vaut être un lève-tôt si l’on veut profiter de sa beauté en toute sérénité.

Arrivée dans l’après midi par l’Est, je traverse la partie Nord du parc, en empruntant la route escarpée qui traverse les forêts et découvre les montagnes granitiques. Le lendemain matin, à peine le jour levé, je laisse la voiture pour pouvoir profiter des sentiers. Les possibilités de randonnées sont nombreuses, et des pistes ouvertes aux vélos sont aménagées dans une grande partie de la Vallée. J’y passe deux jours à arpenter les alentours, découvrant les cascades, les sommets, les points de vues… tout est magnifique.

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Ma mention spéciale est pour « El Capitan ». Le plus grand monolithe de granite au monde, 900m de hauteur, ultra célèbre dans le monde de l’escalade. Après l’avoir vu dans tellement de festivals de films d’aventures, je rêvais de m’en approcher. Je le reconnais au premier coup d’œil. Immense, presque intimidant.

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Plusieurs grimpeurs sont en pleine ascension, microscopiques taches de couleurs sur cette paroi géante. Il me faut enclencher le zoom de l’appareil photo au maximum pour les discerner un minimum.

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Mais Yosemite c’est tout une chaine d’autres sommets, de nombreux pics et dômes façonnés par l’érosion. Plusieurs endroits du parc offrent des vues spectaculaires. Le lever du soleil sur El Capitan depuis « Tunnel View », le panorama sur la vallée depuis « Glacier Point ». On y entend le bruit lointain des chutes d’eau, pourtant assez faibles à cette époque.

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Je quitte le parc en milieu de matinée, évitant ainsi la longue file de voitures des visiteurs entrants. A la sortie de Yosemite, c’est à nouveau des paysages arides qui se profilent, une route vallonnée jonchée de hautes herbes jaunes. Je choisis de rester sur les routes secondaires pour profiter de l’intérieur des terres californiennes avant de rejoindre la côte.

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La culture latine se fait plus présente, à commencer par les stations de radio qui ont l’avantage de me remettre en tête l’accent espagnol. Les alentours évoluent. Les couleurs dans les villes, l’architecture des maisons, les porches arrondis, les arcades en pierres. Les palmiers, les immenses cactus, les lauriers et bananiers. La région est fortement agricole, tant par ses immenses troupeaux de bétails dans les ranchs que par ses serres et stands de fruits tout au long de la route.

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Et puis voilà le retour de l’Océan Pacifique, et de la route 101 sur laquelle j’ai pédalé dans l’Oregon en juillet. Je rejoins la côte, les falaises escarpées, les spots de kite, de surf et de parapente.

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thumb_dsc06264_1024Mon camping du soir mélange les senteurs des embruns salés à ceux des immenses eucalyptus qui entourent les lieux.
Le lendemain, je longe la côte pour remonter jusqu’à San Francisco et aller rendre la voiture à l’agence de l’aéroport, heureuse de récupérer mon vélo à temps plein.
La voiture à eu l’avantage certain de me faire relier en un temps optimum les parcs que je tenais à découvrir. En revanche, elle est ennuyeuse, réveille (entre autres) des douleurs lombaires et cervicales que j’avais presque oublié, et rend les rencontres humaines quasiment inexistantes.
Alors c’est avec funkytude que je ressors de l’aéroport sur mon Surly, traversant une vingtaine de kilomètres avant d’arriver à Foster City, au sud de San Francisco.

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Shirley y sera mon hôte Warmshower, et me réserve un accueil cinq étoiles, si ce n’est plus. Si confortable que j’y reste jusqu’à la date de mon vol pour le Pérou. Sa maison lumineuse, sa terrasse en bois au bord d’une étendue d’eau, une couette et un bon matelas, tout est propice pour un séjour parfait. Pour se rendre à San Francisco, une piste cyclable rejoint un train local qui nous dépose en plein milieu du centre de la ville.

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A mon arrivée, je fais la connaissance de Benjamin et Christelle, deux Français au départ de leur premier bike trip d’un mois le long de la côte Californienne. Le programme du lendemain est organisé avec une sortie vélo tous ensemble. C’est parti pour 45kms le long de la baie de San Francisco. Shirley nous guide pour la traversée du Golden Gate Bridge. Après les 7kms de pont à Astoria en plein vent sans piste cyclable, celui là me paraît d’une facilité déconcertante !

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Nous traversons le charmant quartier de Sausalito puis roulons jusqu’à celui de Tiburon, où nous retrouvons Marc, un ami cycliste de Shirley. Déjeuner en terrasse sur le port de cette banlieue chic du Nord de la ville. Superbe vue sur la baie et le Golden Gate, le temps est dégagé.

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En rentrant à la maison, c’est champagne et vin à volonté. La nuit tombe mais les verres se remplissent, la conversation va bon train. Soudain je tourne la tête et aperçoit… deux gros ratons laveurs ! Ils s’approchent sans un bruit sur la terrasse, guettant nos réactions. Rencontre très marrante pour Christelle, Benji et moi qui n’en avions encore jamais vu. Beaucoup moins pour Shirley, qui se retrouve régulièrement avec un jardin sans dessus dessous par la faute de ces visiteurs nocturnes…

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Après le départ de Christelle et Benji, je retourne explorer la ville durant quelques jours. Parce que San Francisco c’est soooo cool, certainement l’un des endroits dont j’ai entendu le plus de bien. Avec son atmosphère particulière, elle fait rêver les français et c’est vrai qu’il y a de quoi. Les gens sont décontractés, un melting pot de touristes et de locaux de tous horizons qui créent une effusion, un dynamisme un peu partout dans les rues.

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La ville est green, réputée pour ses investissements dans le recyclage et les énergies renouvelables. Les vélos omniprésents sont très respectés par les automobilistes. En revanche, les pourcentages de pentes indécents dans les rues me laissent à penser que le mec en charge du plan de ville n’était surement pas cycliste… !

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J’y découvre ses maisons colorées, dont la fameuse maison bleue de Maxime Le Forestier. Ses différents quartiers : le front de mer « The Embarcadero », successions de quais qui donnent sur la baie. Le stade de baseball des Giants. Les lions de mer qui se prélassent dans un concert de grognements, entassés sur des pontons en bois à Pier 39. Telegraph Hill et sa vue panoramique sur la ville. Lombard Street qui serpente en descente colorée au milieu des hortensias. Union Square et ses boutiques de luxe. Chinatown qui, l’espace d’un instant, donne l’impression d’être transportée dans un autre pays. Les différents ponts qui se dévoilent au gré des brumes. Les « dogs walkers » qui promènent leurs troupeaux de chiens joyeux au bout de leurs laisses. Les musiciens sur Fisherman’s wharf…

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Et puis lundi, mission Alcatraz. 6h50, Shirley me dépose sur le Quai 33. Une file d’attente est déjà formée devant la billetterie. Toutes les ventes en ligne affichent complet pour ce lieu ultra prisé, mais un petit nombre de tickets sont vendus chaque jour sur place aux plus matinaux.
La ville est encore calme, les joggers vont et viennent sur le « waterfront », les phoques nagent autour des bateaux.
Joie, mon ticket entre les mains, je saute dans la première navette qui conduit sur « Le Rocher ». Cette minuscule île où surplombe la prison d’Alcatraz, réputée la plus sûre au monde dans les années 50.

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« Brises les règles et tu iras en prison. Brises les règles de la prison et tu iras à Alcatraz »
Lieu mythique, qui a abrité des prisonniers célèbres comme Al Capone. La visite est réellement bouleversante. Un audio tour est remis à chaque visiteur, dans lequel d’anciens détenus et gardiens retracent la vie au sein de la prison, sur fond de bruits de fer, de trousseaux de clés, de portes qui claquent…

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La conservation des lieux en l’état et le réalisme de la narration vous font rapidement oublier le nombre de visiteurs sur place en vous plongeant dans un passé noir et poignant : les cellules d’isolement du bloc D, les tentatives d’évasion, les rebellions sanglantes…

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Certains affirment que la prison est hantée. Des bruits de pleurs, des sons de banjo à l’endroit ou Al Capone avait l’habitude de jouer, des courants d’air inexpliqués et autres témoignages entretiennent la légende de cet univers carcéral.

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Après une journée bien chargée, retour au calme relaxant de Foster City. Une petite sortie nocturne à vélo le long l’océan offre une vue sur les lumières de la baie San Francisco. Sur le chemin, des chats sauvages apparaissent timidement, nourris par les habitants du quartier. Parmi eux, des moufettes qui viennent profiter du festin !

 

Le lendemain, Shirley et moi prenons la voiture (et les vélos !) pour descendre un peu plus au sud de la côte. Monterey, ville côtière pleine de charme, où les phoques roupillent au soleil, en équilibre sur des bouts de rochers. La piste cyclable longe la péninsule, entre les maisons de vacances et l’eau claire du pacifique.

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Quelques kilomètres plus loin nous déjeunons à Carmel-by-the-sea, ville aussi séduisante que son nom. Des maisons de vacances nichées entre les pins et les cyprès, de petites galeries d’art, des échoppes artisanales, une superbe plage de sable blanc, et le golf VIP de Pebble Beach.
Clint Eastwood a été maire de la ville durant quelques années et habite toujours ici, faisant de fréquentes apparitions à Mission Ranch, propriété qu’il a racheté et fait rénover en hôtel restaurant pour conserver l’authenticité des lieux.

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Au retour, un stop dans la Silicon Valley me donne un aperçu de l’immensité Google, avec ses bâtiments qui s’étendent sur des rues entières. La sensation de traverser un campus universitaire plutôt que le siège d’une boite. On y croise de jeunes employés sur des vélos, des espaces détentes, des terrasses et des parasols, le tout aux couleurs bleu-rouge-jaune-vert de l’entreprise. Un peu plus loin, ce sont les QG de Facebook…

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Jeudi 15 septembre. L’Amérique du Nord, c’est (déjà !) fini. Quatre mois et demi se sont écoulés en un claquement de doigts depuis mon atterrissage en Alaska début Mai. Néanmoins, j’ai le sentiment d’avoir profité pleinement de cette première moitié de périple. 5000 kms pédalés à la force des mollets. Un peu plus de 6000 en voiture, 700 en bus, 500 en bateau.

L’occasion pour moi de jeter un coup d’œil en arrière…
J’ai eu la chance d’entrevoir la vie dans deux régions de l’Ouest Canadien, et huit Etats Américains. Il n’y a pas si longtemps, j’aurais été bien incapable de situer la plupart de ces lieux sur une carte. Désormais, l’évocation de chaque nom de ville, de chaque parc, de chaque montagne à sa propre image gravée dans ma mémoire.

J’ai plongé dans cette aventure. Nagé loin, très loin de mes rivages habituels. Trouvé la liberté sous sa forme la plus simple.

J’ai apprécié chaque jour les palettes de couleurs infinies distillées par Mère Nature. Les arcs en ciel et les trombes d’eau. Les embruns du bord de mer et la canicule du désert. Le vent qui rend fou et les journées au calme parfait. J’ai vu le soleil se lever sur les montagnes, et se coucher sur les lacs. J’ai admiré le plus haut sommet d’Amérique du Nord en Alaska et les plaines infinies du Wyoming. Les paysages désertiques de l’Idaho et la fraicheur du Nord Pacifique. La capitale mondiale de l’huitre et la (presque) plus longue plage du monde dans l’Oregon.

J’ai découvert des animaux dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Subit les assauts des moustiques en Alaska. Admiré les orques dans la péninsule de Kenai. Géré mes frayeurs nocturnes en camping sauvage. Été réveillée par le cri des aigles, les chamailleries des écureuils ou le hurlement des coyotes. Pagayé en canoë sur la Yukon River. Me suis baignée dans les eaux translucides de Boya Lake. Biké parmi les ours noirs en Colombie Britannique. Me suis presque battue avec un écureuil pour un pot de nutella. Randonné sur des trails historiques. Suis restée bouche bée devant les nuances irréelles des bassins volcaniques de Yellowstone. Approché des chevaux sauvages dans le Wyoming. Péché dans l’Utah. Dormi près des bisons sur Antelope Island. Admiré les nuits étoilées dans les canyons.

J’ai traversé illégalement une base militaire à Fairbanks. Rencontré le Père Noël à North Pole. Me suis recueillie sous le pont de Kurt Cobain à Aberdeen. Découvert le rodéo dans la ville de Buffalo Bill. Traversé le Golden Gate Bridge de San Francisco. Partagé l’apéro avec des ratons laveurs. Marché sur les traces d’Al Capone à Alcatraz.

J’ai laissé un morceau de coude sur les graviers fourbes de l’Alaska Highway. Perdu quelques milliers de calories dans les Rocheuses. Abandonné ma phobie des ponts sur celui l’Astoria.

Bien sûr, j’ai aussi vu du moins beau. Des zones industrielles, des « junk houses », des cimetières de vieilles bagnoles. La pollution, les ravages des feux de forêts, les sans abris sous des tentes au milieu des grandes villes, les « natives » pommés, les quartiers de drogués… Mais, sans se voiler la face, ce n’est pas les aspects que je souhaite diffuser au travers de mon périple. Les médias se chargent déjà largement de nous abreuver de ce négativisme ambiant.

Mais surtout… Surtout toutes ces belles rencontres humaines, qui ont rendu cette première partie d’aventure plus belle et plus forte. J’ai apprécié la générosité et l’accueil de chacun de mes hôtes, qui m’ont ouvert en grand les portes de leurs maisons. Et celle de toutes les autres personnes croisées sur mon chemin. La gentillesse naturelle des canadiens, la spontanéité contagieuse des Américains. Les milles et une attentions auxquelles j’ai eu droit.
Se nourrir des petites étincelles offertes par chacun d’entre eux, qui font briller de l’intérieur un peu plus chaque jour.

Bref j’ai biké en Amérique du Nord.

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Mon vélo est devenu mon fidèle compagnon de voyage. Je n’échappe pas à la règle des cyclo-voyageurs qui développent cette proximité particulière avec leur coéquipier mécanique. Surly a traversé tous ces kilomètres avec brio. Pas une crevaison en 5000 kilomètres. A peine quelques rayures, pour peaufiner son aspect de baroudeur.
Tous ces kilomètres ensemble m’ont appris à reconnaître la moindre de ses irrégularités : un bruit légèrement différent, un craquement inhabituel… Il a aussi endossé sans faillir quelques rôles secondaires mais d’une utilité certaine : sèche linge, porte savon, chargeur de téléphone…
Plus que mon moyen de transport principal, il est également un médiateur social de choc.  Il attire vers lui et fait vibrer la corde de l’aventure chez chaque personne qui s’en approche.
Dans son carton, il est prêt pour sa prochaine destination. Direction l’aéroport de San Francisco. Seize heure plus tard, deux escales et quelques milliers de kilomètres, j’atterrirai à Cusco, au sud du Pérou.

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Je ressors des sacoches mes appréhensions de départ. L’Amérique latine c’est un cran plus haut, dans tous les sens du terme. Plus d’altitude et plus de difficultés physiques à venir. Une nouvelle langue dans laquelle je suis bien moins à l’aise que l’anglais. Un pas de plus hors de ma zone de confort, déjà bien élargie depuis ces derniers mois.
Appuyer sur le bouton « reset » de mon cerveau. Nouvelle mutation culturelle en cours !

Thanks for reading 🙂

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    23 Comments

  1. Quel bonheur de te lire et de revivre une partie de mon voyage de cet été au travers de ton récit. J’ai adoré Mono Lake et j’ai maudit le monde entier lors de la montée et de la traversée en vélo du Golden Bridge (mais je l’ai fait…).
    Encore merci Maud et à bientôt

    • Hé hé, c’est vrai que la montée pour arrivée au Golden Gate pique un peu!! Bises Laurence 😉

  2. Bon courage pour la suite super module!!!
    Je suis sûr que la suite va être super et que tu vas être une championne…
    Comme d’hab
    Gros Bisous
    Marie, Anthony & Loïs

    • Merci les jeunes 🙂 J’espère que tout va bien pour la petite famille, bisous à vous trois!

  3. Bonne continuation à toi vraiment de très jolies photos j’adore te lire on s’évade…

    • Merci Jocelyne 🙂 Bises à toi et à l’équipe!

  4. San Fransisco l’une des plus belles villes, voire la plus belle !! Bises

  5. Génial ton article Module 🙂
    Vivement la suite comme d hab!
    La suite va être superbe aucun doute 🙂
    Gros bisous

    • Merci Caro 🙂 Bien arrivée au Pérou pour de nouvelles aventures!! Bisous!

  6. Coucou Maud
    J’ignorais la présence de tous ces phoques sur la côte est!
    Merci et merci pour ces belles images que je découvre le matin au lever.
    Une belle découverte d’une partie du nouveau monde s’achève.
    Tu verras que les populations de langue espagnoles sont aussi accueillantes , peut être les routes sont moins bonnes et encore!
    Bienvenu dos en America del sur!
    Basta Pronto para ver de une as image es.
    Michel

    • Merci Michel! Tout juste arrivée au Pérou, je prends le temps de m’acclimater à Cusco avant de prendre le vélo en direction du lac Titicaca 🙂 Bises à bientôt

  7. Bon
    Le tableur francçais n’accepte pas la langue espagnole!
    Je disais:
    Bienvenida en America del Sur
    Hasta pronto para mirar nuevas imagenes.
    Michel

  8. Ola como esta! Pisco sour…el condor pasa ? Ceviche…bon ben c’est tout.. ?que dire….merci pour ce voyage en Amérique du Nord…bonne route on t’embrasse fort et je ne te cache pas que malgré le plaisir de te lire on a hâte de te revoir….je sais il va f1lloir attendre encore un peu…Attention..d’après une source sure il apparait que les Péruviens de passage en France se ruent sur les pots de Nutella,est ce qu ‘ils n’en trouveraient pas chez eux?????A méditer?

    • Pisco sour…j’en ai déjà une idée! Pour le reste ça ne devrait pas tarder… Je suis accueillie au top dans une coloc de trois gars français qui bossent ici à Cusco, la suite au prochain épisode!! Des bisous

  9. Quel kiff!!!!
    J’ai hâte de lire la suite! Module t’es au top!!

    • Merki morue 🙂 Jvais ranger mes cheveux blonds sous ma casquette, me mettre au maté de coca et ça va rouler direction la Bolivia!! Besos

  10. Excellente Maud ! Tout le monde t’admire et te respecte pour cette si belle aventure que tu nous fais partager . La team Royal Canin Vet était en réunion cette semaine et il n’y a pas une personne qui n’a pas abordé ton prénom et tout le monde te suit avec une grande ferveur ?
    Pour ma part j’aurai voulu être de la partie pour admirer et approcher les Mustangs en pleine nature quelle chance !!!!
    On te souhaite bonne chance pour l’arrivée au Pérou avec de belles rencontres encore une fois , prends soin de toi et de Surly ?
    Gros bécots de la part de toute l’équipe .
    Enjoy!

    • Oooohhhh merci c’est adorable 🙂 Vous êtes les meilleurs!! Viens en vacances en Argentine, on ira voir les criollos dans la pampa! Bon courage pour le dernier trimestre de l’année, je pense bien à vous. Mes objectifs à moi… survivre au cols à venir et au froid des nuits andines!! Gros besos à tous 😉

  11. Merci de nous avoir fait partager cette aventure nord américaine dans tes récits et photos mais bien plus encore dans tous les messages et images que nous ressentons à la lecture de tes articles. Les odeurs se dégagent , les couleurs apparaissent , les paysages et lieux se forment grâce à l authenticité , la spontanéité et la fraîcheur de tes lignes. Le plus difficile à partager et à ressentir est la force et l intensité des rencontres. ..nous avons eu la chance et le bonheur de le toucher de près en étant spectateurs de quelques unes d entre elles lors de notre superbe bout de chemin avec toi. Cela n’ appartient qu’ à toi et à ceux qui ont eu la générosité de te donner. Merveilleux trésors!!! Tu as touché ce soir le sol sud américain , nouveau départ , mais comme les mois précédents nous serons toujours dans un coin de sacoche avec le plus de légèreté possible pour te permettre d aller haut et loin mais avec tout le point de notre amour et toute l attention à chaque tour de pédale. …en quittant Surly dans l état de Washington …je lui avais passé quelques messages. Milliers de bises .

  12. Bravo, Maud pour ce voyage initiatique qui nous fait aussi voyager avec toi; Les images sont superbes (un bon bol de nature)et les textes digne d’un bon écrivain. Bravo et bon courage pour l’autre moitié du voyage; nous t’embrassons et transmets nos amitiés à Surly

    • Merci beaucoup! De retour d’une excursion de deux jours au Machu Picchu, mes premières images au Sud sont tout aussi belles qu’au Nord. Surly attend sagement à Cusco que nous prenions la route en début de semaine prochaine. Bises à toute la famille!

  13. Hello
    J’ai pris le temps…(pour le commentaire) mais je suis toujours aussi fervente lectrice et je dois le dire admirative : tant de qualités chez une seule personne ! C’est merveilleux de te connaître. Encore merci de partager tout cela avec nous.
    La suite va certainement être exigeante mais Surly et toi avez désormais une expérience nettement au dessus de la moyenne. Les rencontres vont être extra- passionnantes sur ce nouveau territoire. C’est comme un nouveau départ donc normal que ça titille. Ca permet aussi de rester attentif/ve et je te souhaite que « l’inconfort » momentané te conduise vers une richesse encore plus étonnante que tu ne pouvais l’imaginer. Prends soin de toi et de ta monture pour continuer à nous faire rêver. Bravo chère Maud. J’ai hâte de lire la suite. Bises chaleureuses.

    • Merci Chantal 🙂 Derniers préparatifs aujourd’hui à Cusco, Surly et moi partons à la découverte des routes péruviennes demain en direction de la Bolivie!! Bises

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