Navigation Menu
« Ne rien prévoir sinon l’imprévisible, ne rien attendre sinon l’inattendu »

« Ne rien prévoir sinon l’imprévisible, ne rien attendre sinon l’inattendu »

By on 2 Sep, 2016 | 20 comments

Mercredi 10 août. Départ de Cody. Adieu Buffalo Bill, adieu les soirées rodéo. Quelques morceaux de musique country viennent compléter le répertoire de mon MP3, histoire de rester dans le thème.
Dès la sortie de la ville c’est une immensité de plaines qui s’ouvrent devant moi. Des chevaux sur les premiers kilomètres, puis des vaches qui semblent parfois perdues au milieu de nulle part. De temps à autre, des antilopes ou des daims se figent à ma vue, puis détalent en bondissant avec grâce. A part ça, c’est le désert. La chaleur crée un flou qui danse au dessus du bitume, mais le vent rafraîchit légèrement et les kilomètres défilent peu à peu.

thumb_DSC04748_1024

thumb_DSC04742_1024

thumb_DSC04735_1024

thumb_DSC04751_1024

 

Le Wyoming est le cinquième Etat de mon périple aux Etats-Unis après l’Alaska, Washington, l’Oregon et l’Idaho. C’est aussi l’état le moins peuplé des Etats Unis, à peine 600 000 d’habitants sur une superficie grande comme la moitié de la France, dont le tiers est totalement désert.
Il me faudra rouler près de 800 kilomètres durant une dizaine de jours pour atteindre Salt Lake City. Heureusement que ma carte est là pour m’indiquer les « villes » étapes, car les paysages s’étendent parfois tellement loin sans âme qui vive qu’il est difficile de s’imaginer qu’on va retrouver une once de civilisation !

thumb_DSC04819_1024

Malgré la sécheresse, je découvre rapidement les orages aussi courts que violents qui surviennent à n’importe quel moment de la journée. Aujourd’hui, je fais la course avec l’un d’eux. Après une bonne vingtaine de kilomètres à un rythme soutenu dans l’espoir de le distancer… j’ai perdu…
Les nuages noirs gagnent du terrain derrière moi, s’intensifient en remontant par l’ouest. La lumière s’obscurcit, j’entends l’orage qui s’approche en grondant. Je croise un type avec son camping car sur le bord de la route qui me fait un signe du genre « toi tu vas pas y couper ! ». Juste le temps d’enfiler ma veste en sentant les premières gouttes de pluie. Coups de tonnerres. Eclairs lâchés au dessus de ma tête. Quelques bonnes rafales de grêles qui viennent fouetter le visage. Trente minutes et c’est terminé. Une heure plus tard c’est oublié, tout a séché !

thumb_20160811_132933_1024

A Thermopolis, mon arrêt du soir, les couleurs des roches autour de moi commencent à changer. Les montagnes forment par endroit des terrasses rouges, rehaussées par les herbes jaunies à leurs pieds. Au bord des rivières les arbres ont la couleur vert-gris de nos oliviers.

thumb_DSC04769_1024

Le lendemain, matinée scénique dans un canyon longé par une rivière. J’en ai mal aux cervicales à force de regarder en l’air ces immenses parois.

thumb_DSC04779_1024

thumb_DSC04773_1024

Puis l’horizon s’élargit sur des paysages où je ne serai pas étonnée de voir une diligence ou un Lucky Luke débarquer sur la route.

 

thumb_DSC04783_1024

Mis à part ma carte m’indiquant mon itinéraire principal, je n’ai quasiment aucune info sur la topographie des routes et les paysages des jours à venir.

Mais dans la vie comme à vélo, parfois « si l’on n’attend rien, tout devient une surprise ».
Alors je continue de cultiver un peu plus chaque jour l’art du lâcher prise. C’est parfois grisant, parfois fatiguant. Ne pas savoir où je vais dormir le soir. Ne pas savoir à quoi va ressembler demain. Ne pas savoir qui je vais croiser sur ma route. Cela va à l’encontre de notre formatage habituel où notre vie quotidienne est réglée et planifiée.
« Accepte ce qui est, laisse aller ce qui était, et aie confiance en ce qui sera » !

Les jours « creux », la fatigue laisse place aux petits coups de blues, où l’éloignement des premiers mois se fait sentir. Et puis il suffit d’un détail et la tendance est inversée : une rencontre, une odeur, un nouveau décor, un bon repas… Quand le détail n’y est pas, le joker « coup de fil à un ami » fonctionne toujours. Merci Whatsapp !

Physiquement, j’ai la sensation que ma semaine à Yellowstone m’a fait passé un nouveau cap. Mes genoux sont plus résistants et mon pédalage globalement plus fort et plus régulier. Dans des conditions normales, dénivelés et températures raisonnables, 40kms c’est une « petite » journée, 80kms une journée « classique », sans forcer.
Avec la chaleur, j‘éprouve quelques difficultés à manger correctement, mais mon endurance me permet maintenant de le gérer sereinement. Je n’ai pas beaucoup d’appétit et grignote pendant mes heures de pédalage pour garder un minimum de carburant. Principalement des cacahuètes. Des cacahuètes grillées, salées, sucrées, enrobées, mélangées à des fruits séchés… j’ai tout testé ! Mais à chaque étape, je rêve de trouver des fruits, légumes, smoothies ou glaces car il m’est impossible de garder des produits frais dans mes sacoches.

thumb_DSC04756_1024

thumb_DSC04755_1024

A Lander je rencontre Carol et Gary, qui se rendent pour une semaine dans le Montana. Ils habitent Salt Lake City et me proposent de les y retrouver. Ils y seront de retour d’ici une semaine, à peu près le temps qu’il me faudra pour m’y rendre à vélo. Ils me saluent lorsque je reprends ma route matinale, Carol, sa tasse de café à la main, « je n’imagine même pas monter sur un vélo à cette heure là ! »

Redescendue à moins de 1300 m, une nouvelle étape m’attend avec un col à 2400. Après quelques montées-descentes en guise d’échauffement dans les collines, l’ascension démarre progressivement. Pendant longtemps. Longtemps. Longtemps. Les quelques portions plus plates sont en plein vent. De face. Si puissant que je ne vais quasiment pas plus vite qu’en montée. A chaque arrêt je sens ma volonté s’amenuiser, je la vois presque se liquéfier, là sur le bitume brûlant.
Heureusement les panoramas redonnent un peu d’énergie. La vue sur un grand canyon rouge, une piste en sable orangé qui sillonne à ses pieds, des montagnes vallonnées de l’autre côté.

IMG-20160814-WA0002

Arrivée à un petit camping au milieu de nul part, proche d’anciennes stations minières, je fais étape pour le soir. Demain il ne me restera que quelques kilomètres avant d’arriver au sommet et de redescendre pour près de 70kms de plaines désertiques avant ma prochaine « ville » de 350 habitants…
Deux écureuils viennent galoper autour de ma tente, se faufilent sous la toile, tournent autour de mon vélo, traversent d’un côté à l’autre comme des fusées. Je les observe avec amusement, bien calée dans le fond de mon hamac. Mais cette fois je n’y laisserai pas mon pot de Nutella, tout est fermé à double tour dans les sacoches !

thumb_DSC04808_1024

thumb_DSC04813_1024

Je rencontre Kurt et Rose, qui habitent à quelques heures d’ici et viennent faire du quad dans les environs. Ils m’invitent à prendre le petit déjeuner avec eux, et je repars avec en prime une carte de l’Utah, que je devrais découvrir d’ici quelques jours.

Au matin, encore quelques efforts pour atteindre le col puis mes muscles peuvent se détendre un peu. Néanmoins, j’ai appris à me méfier des locaux qui me disent toujours qu’après un col, c’est « all down the hill » jusqu’à ta prochaine étape. Au début, j’imaginais des kilomètres de descente, vitesse au max sur le grand plateau et nez au vent, mais non. Non, non. La réalité est rarement aussi facile, car en voiture, on ne ressent pas le nombre incalculable de faux plats ou légers dénivelés qui ne nous échappent pas quand on a les fesses sur une selle de vélo !

DSC05772Quelques dizaines de kilomètres où la route est aussi déserte que les plaines qui m’entourent. Les paysages sont monotones mais la lumière vient les modeler, les faire évoluer. Le mouvement des nuages, un groupe d’antilopes qui se détache du ciel bleu en haut d’une colline, un corral qui permet de rassembler les troupeaux pour les ramener dans les ranchs en hiver, les cris des faucons qui volent en cercle en cherchant leurs proies. C’est calme, reposant, roulant. A peine le souffle du vent qui semble somnoler aujourd’hui.

 

Le lendemain, matinée au milieu de trails historiques. Je traverse les mêmes plaines que les pionniers mormons du siècle dernier. J’imagine les expéditions du 19 éme, et toutes les souffrances qu’ils ont dû endurer sur ces terres inhospitalières.

thumb_20160816_101730_1024Le paysage est tellement plat que je peux voir distinctement « Pilot Butte », gros promontoire rocheux à 40 kms, autrefois utilisé comme point de repère par ces émigrants.

J’ai lu que dans cette région, on peut parfois voir des troupeaux de chevaux vivants à l’état sauvage. Protégés par la loi depuis les années 70, ils sont en majorité gérés par le gouvernement. Un programme d’adoption existe pour tenter de gérer la surpopulation et les problèmes qu’elle engendre, notamment auprès des agriculteurs.
La chance est de mon côté. Une dizaine de kilomètres et je distingue des tâches dans les plaines au loin, trop colorées pour être des vaches. C’est un groupe de seize mustangs, dont un poulain, qui broutent en totale liberté à quelques centaines de mètres de la route.

thumb_DSC04939_1024

Je ne prendrais pas le risque d’approcher aucun autre animal sauvage, mais un troupeau de chevaux c’est tout ce qu’il y a de plus naturel pour moi. Leur mode de communication est universel, et j’ai appris leur langue depuis l’âge de quatre ans. Alors je m’approche lentement, observant leurs réactions, cherchant le leader.

thumb_DSC04857_1024

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, dans un troupeau c’est toujours une jument qui est dominante. Je repère rapidement celle qui surveille le groupe, garde un œil sur le poulain, protège une autre jument blessée et affaiblie. Une vraie gravure.

thumb_DSC05026_1024

thumb_DSC05007_1024

Les mustangs, même à l’état sauvage, sont bien plus robustes que nos chevaux français laissés à la traîne dans le fond de certains champs. Après un moment d’observation mutuelle, ils finissent par se rapprocher et m’entourer, aussi curieux que craintifs.

 

thumb_DSC04909_1024

thumb_DSC04892_1024

 

thumb_DSC04961_1024

Je reconnais chacun de leur mouvement. Chacune de leur réaction m’est familière. Les naseaux qui frémissent, les légers ronflements, les oreilles qui pivotent, les sabots qui grattent le sol, leur manière de fouailler de la queue…
Ils me laissent les approcher à quelques centimètres, mais impossible de les toucher, mis à part la jument salement blessée à la tête qui finit par se coller à moi, demande d’aide aussi muette qu’émouvante.

thumb_DSC04907_1024

Je peux même approcher le poulain qui s’est endormi de tout son long sous cette chaleur exténuante. Il se relève quelques instants plus tard et retourne avec un petit hennissement auprès des siens qui se sont éloignés.

thumb_DSC05036_1024

thumb_DSC04952_1024

Dans mon élément, le temps est suspendu. L’une de mes plus belles rencontres animales.

Un peu plus loin, je m’arrête bivouaquer dans un camping primitif au bord d’une rivière, où des tas d’oiseaux offrent un concert privé.

thumb_DSC05046_1024

La place est déjà prise devant la porte des toilettes… par un serpent qui semble parfaitement à son aise sur le béton chaud. Après vérification celui là est inoffensif, à l’inverse du serpent à sonnette que l’on peut également trouver dans la région. Désormais, parmi le chant des grillons, j’ai systématiquement l’impression d’avoir celui du serpent en chef d’orchestre !

thumb_20160816_175729_1024

Cette fois, je rencontre Bobby et Sloan, deux amis du Nouveau Mexique qui traversent les Etats Unis et font du canoë et du VTT dans les environs. Ils m’offrent de l’eau potable, bien le plus précieux dans cette région par ces températures, mais absent dans ce camping.

Le lendemain matin, un pick-up s’arrête à ma rencontre et propose de m’avancer jusqu’à ma prochaine ville. Adam habite dans le coin, c’est sa journée off. Il avait prévu d’aller pêcher quelque part et me demande:
– « Tu sais pêcher ?? »
– « Euh… non »
– « Et bah tu vas apprendre ! »
Et voilà qu’une journée initialement prévue à pédaler dans les plaines se transforme en visite guidée avec chauffeur ! Adam m’emmène voir Fossil Monument, site où sont exposés des fossiles vieux de 260 millions d’années, époque à laquelle un lac s’étendait au pied des montagnes.

thumb_DSC05072_1024
Puis direction Bear Lake, immense lac aux eaux bleues claires à la frontière entre l’Idaho, le Wyoming et l’Utah. Séance d’initiation avec la canne à pêche « Barbie » de sa fille, puis initiation à la pêche la mouche dans une rivière serpentant le long d’un canyon. Malgré ma bonne volonté et les conseils d’Adam, nous finissons la journée bredouille (ou plutôt « brocouille » comme on dit dans le bouchônois) et notre diner ne sera pas un poisson au barbecue mais une assiette de pâtes italiennes !

thumb_DSC05084_1024

thumb_20160817_124157_1024

adam-wyoming

Adam me dépose à Logan, d’où je roulerai deux jours au pied des montagnes, le long d’une succession de banlieues pavillonnaires qui me mènent jusqu’à Salt Lake City. Avant d’entrer dans la ville, je m’offre un dernier arrêt sauvage sur Antelope Island.

thumb_DSC05127_1024

Un avant goût des salars boliviens pour accéder à cette île reliée à la terre par une route de dix kilomètres surplombant « the Great Salt Lake ». Avec ses 120kms de longs sur 45 de large, c’est le plus grand lac salé du contient américain, quatre fois plus salé que l’eau de mer. De ce fait, aucun poisson ne peut y vivre, mais il abrite de nombreux oiseaux qui viennent s’y reproduire.

thumb_DSC05134_1024

thumb_DSC05105_1024
Miroir placide dans lequel se reflète le sommet de l’île. Malgré son nom, je n’y croiserai « que » de nombreux bisons dans les prairies jaunies par la sécheresse.

 

thumb_DSC05184_1024

thumb_20160819_180548_1024

thumb_20160819_195419_1024

thumb_DSC05137_1024

thumb_DSC05152_1024

Après un superbe couché de soleil, je m’endors rapidement mais suis réveillée peu après par le vent qui malmène ma tente toute la nuit. Quelques heures de répit quand il décide enfin à se calmer, avant d’être de nouveau réveillée par le chant des coyotes.

thumb_DSC05146_1024

 

Une petite randonnée matinale puis je prends la route pour Salt Lake City. Un peu de repérage nécessaire pour arriver jusqu’au Nord de la ville, et j’aperçois le dôme du Capitol Hill. Une capitale d’Etat de plus à ajouter à mon actif.

thumb_20160822_164503_1024
Salt Lake City et ses environs regroupent 80% de la population de l’Utah. Cette ville au look impeccable a été fondée par les Mormons. Aujourd’hui, leur communauté représente 40% des habitants.
Les Mormons, c’est 15 millions de membres à travers le monde. De ce que j’ai retenu, une religion fondée par Joseph Smith il y a deux siècles. Une base de Christianisme avec un Livre de Mormons et des croyances qui viennent s’ajouter à celles de l’Ancien et du Nouveau Testament.
Ma première visite atterrit donc naturellement à Temple Square, leur QG. Plusieurs superbes bâtiments construits au cœur de la ville et entretenus à la perfection.

thumb_DSC05231_1024

thumb_DSC05204_1024

De nombreux membres de la communauté accueillent les visiteurs et proposent des visites des différents édifices. Pour les « sœurs », la plupart dans mes âges, c’est jupe sous le genou et chaussures ballerines, cheveux longs lissés en arrière et sourire avenant. Pour les hommes, pantalon de costume, cravate et mocassins à gland. Une ambiance à la famille Le Quesnoy.

Je laisse Surly entre les mains de Dieu pour aller en découvrir un peu plus cette culture. Avec mon short, mes tongs et ma sacoche de vélo en guide de sac à main, je suis un peu hors thème, mais ça n’a pas l’air de les offusquer.
Je m’étonne de cet environnement si propre et luxueux ou tout est absolument gratuit, même des évènements comme les concerts organisés au Centre de Convention, qui offre 21 000 places assises.

thumb_DSC05237_1024

J’y apprend donc que chaque membre de la communauté verse 10% de son revenu à l’Eglise, qui réinvestit ensuite dans différentes activités. Les mormons possèdent également de nombreux business, commerces, fermes et accordent une attention toute particulière à leurs services d’entraide, ici mais aussi dans le reste du Monde.

 

thumb_IMG-20160823-WA0005_1024Puis je retrouve avec un grand plaisir Carol et Gary, de retour du Montana. Ils m’accueillent les bras ouverts et m’hébergent pendant quelques jours, illuminant mon séjour à Salt Lake. Carol me fait découvrir la ville et ses activités, ses universités et son complexe hospitalier impressionnant.
Autour d’une bouteille de vin, ils m’aident à planifier la dizaine de jours que j’ai devant moi avant de devoir rallier San Francisco. Timing serré. Plusieurs parcs que j’aimerais vraiment voir dans le Sud de l’Etat. Mais également climat ultra aride à prendre en considération, avec des températures qui peuvent dépasser les 40°.
Gary me détaille un itinéraire avec points d’étapes, routes scéniques et trails, pendant que Carol me trouve une offre de location de voiture défiant toute concurrence. J’opte donc pour l’option road trip. Surly sera de la partie aussi, une place lui est réservée dans le coffre pour pouvoir profiter de rouler un peu dans les parcs.
Je fais également la connaissance de leurs deux filles. Jane qui habite ici, et Anne qui vient y passer une semaine en vacances. C’est bon de retrouver une maison et de partager une ambiance familiale !

thumb_IMG-20160823-WA0006_1024

Après avoir quitté Gary et les filles, Carol m’accompagne récupérer ma voiture de location. Nous faisons la connaissance de Marc, présent dans l’agence en même temps que nous. Admiratif de mon voyage, il rêve lui aussi du Chili, et me glisse un billet pour participer à mon aventure, en me disant « J’ai un ami reporter au Mexique, on devrait en faire un film ! »

Sur ces belles paroles, la voiture est chargée. C’est parti pour une semaine à la découverte des cinq parcs nationaux du sud de l’Utah, où la magie du temps et de l’érosion à créé de véritables œuvres d’art que je vais découvrir tout au long de ma route.
Chaque parc à sa propre diversité géologique, chacun reliés par des routes plus belles les unes que les autres. Du beige au gris, du jaune à l’ocre, de l’orangé au rose et au rouge, les couleurs des roches sont incroyables, et d’immenses sculptures défilent sous mes yeux jours après jours.

thumb_DSC05310_1024

thumb_DSC05512_1024

 

thumb_20160825_083046_1024

La voiture c’est facile, il suffit d’appuyer un peu plus fort sur l’accélérateur dans les montées, baisser de quelques degrés l’air climatisé quand a chaleur se fait trop insistante. Surly roupille à l’arrière, étendu de tout son long. J’en profite pour faire tous les détours que je ne m’autorise que rarement à vélo, en suivant l’itinéraire et les points d’intérêts que Gary m’a conseillé.

« The Arches » est mon premier parc. Pour y arriver je longe la Colorado River. La lumière du matin est douce, les canyons forment d’immenses murs rouges de chaque côté de la route. Des dindes sauvages traversent devant moi à plusieurs reprises.

 

thumb_DSC05294_1024

thumb_DSC05287_1024

thumb_DSC05293_1024

 

thumb_DSC05305_1024

 

Moab est la ville située à l’entrée du parc. De là on y rejoint la route qui traverse le parc, dans lequel sont recensées plus de 2000 arches. Phénomènes naturels crées par l’érosion, qui continuent d’évoluer au fil du temps. La plus célèbre d’entre elles « Delicate Arche», est l’emblème de l’Utah.

thumb_DSC05366_1024

thumb_DSC05319_1024

thumb_DSC05354_1024

thumb_DSC05338_1024

thumb_DSC05333_1024
Puis je découvre Canyonlands, un peu plus rapidement que prévu du fait d’un violent orage qui éclate dans l’après midi. Cratères, canyons, plateaux désertiques. Une série de paysages colorés et façonnés par l’érosion de la Green River et de la Colorado River.

thumb_DSC05419_1024

thumb_DSC05456_1024

thumb_DSC05463_1024

 

Le lendemain, c’est Capitol Reef, mélange de couleurs au milieu de gigantesques falaises entrecoupées par de profonds canyons, vieux de plusieurs millions d’années. Le mois d’aout touchant à sa fin, les touristes sont bien moins nombreux, ce qui permet d’apprécier pleinement chaque endroit.

thumb_DSC05526_1024

thumb_DSC05569_1024

thumb_DSC05561_1024

thumb_DSC05537_1024

thumb_DSC05543_1024

La « Highway 12 » qui relie ensuite le parc de Bryce Canyon est considérée comme l’une des plus belles routes des Etats-Unis.

thumb_20160826_154905_1024

Perchée entre 2500 et 3000m elle est encore plus impressionnante quand un orage de grêle éclate pendant que je roule sur l’arête d’une montagne, d’où je peux voir les tombants à pic de chaque côté…
Sous les éclairs, le grondement de l’orage se mêle à celui du moteur, les grêlons frappent violemment la carrosserie, l’eau s’écoule le long des rochers un peu partout. Je remercie mon ange gardien de m’avoir collée dans une voiture à ce moment là !

thumb_DSC05580_1024

thumb_DSC05596_1024

thumb_20160826_153958_1024

Pause du soir dans le State Park d’Escalante. Il y a 150 millions d’années c’était des dinosaures qui étaient à ma place. La région est riche en fossiles de tous genres. Des randonnées permettent également de découvrir les « Petrified Woods », bois qui datent de la même époque et se sont minéralisés avec le temps, tout en conservant leur tronc initial. Un grand spécimen y est conservé à l’entrée des sentiers de randonnée de mon camping.

thumb_DSC05610_1024

Bryce canyon m’offre de nouvelles vues spectaculaires avec ses milliers de « hoodoos », cheminées de pierres façonnées par le temps. L’orage de la veille à fait chuter la température à 12°. Je ressorts ma doudoune, compactée au fond d’une sacoche depuis plus de deux mois !
Une journée de pluie et un peu de repos forcé. Deux bouquins plus tard, le soleil repointe son nez. Surly et moi n’avons pas roulé depuis trois jours. Je chasse donc mon état amorphe et mes raideurs par une superbe sortie matinale dans le parc. Puis un trail me permet d’aller voir ces immenses colonnes d’en bas, tout aussi impressionnantes.

thumb_DSC05640_1024

thumb_DSC05734_1024

thumb_DSC05728_1024

thumb_DSC05746_1024

thumb_DSC05761_1024

Les nuits ne sont pas en reste. La région fait partie des endroits les plus sombres des Etats Unis d’où l’on peut admirer les étoiles. La combinaison d’absence de pollution, le climat sec, la haute altitude, et le peu d’éclairages artificiels dans les parcs les rends propices à l’observation des étoiles, en moyenne trois fois supérieure à la plupart des autres zones rurales.

thumb_20160827_125216_1024

Mon dernier parc est celui de Zion. On y accède par une route en lacet qui longe les murs vertigineux de pierres rouges, paradis des grimpeurs. Une partie du parc, interdite aux voitures, est exclusivement desservie par des navettes, offrants plusieurs points d’arrêts pour les randonneurs et les (rares) vélos.
Après une après midi à traîner au village de base, incapable de faire autre chose sous 38°, je saute le lendemain matin dans la navette de 7h avec Surly pour me rendre au dernier arrêt, à une dizaine de kilomètres. Je roule avec l’impression d’avoir la nature pour moi seule, et retrouve mes daims habituels, quelques dindes sauvages, lapins, écureuils et lézards. L’absence de circulation leur donne une sérénité qui permet de les admirer facilement.

thumb_DSC05659_1024

thumb_DSC05792_1024

thumb_DSC05785_1024

A mi-route je pose le vélo pour une randonnée dans les bassins naturels crées dans les montagnes. Avec les premières lumières et la relative fraicheur matinale le spectacle est magnifique.

thumb_DSC05844_1024

DSC05863

thumb_DSC05888_1024

 

Après toutes ces découvertes, je m’accorde une journée de farniente, le temps de faire le tri dans les photos, et d’écrire ces lignes. La tente est plantée en contrehaut d’un lac, vue imprenable. Les couleurs de début et fin de journée me fascinent toujours autant.

thumb_DSC05955_1024

Plusieurs pélicans glissent sur le lac. J’entends les « claps » des poissons qui sautent hors de l’eau pour attraper des insectes.

thumb_DSC05941_1024

thumb_DSC05937_1024

Des troupeaux de vaches viennent s’y abreuver et s’y rafraîchir pendant la journée. A la tombée de la nuit, le groupe de daims que j’essayais vainement d’approcher quelques heures plus tôt est là, juste sous mes yeux.

thumb_DSC05925_1024
Jeudi 1er septembre. Je garde la voiture quelques jours de plus. C’est l’option la plus simple pour aller jusqu’à San Francisco en m’arrêtant quelques jours biker dans le parc national de Yosemite, qui abrite un autre sommet mythique « El Capitan ». La Californie sera ma dernière étape en Amérique du Nord, avant de m’envoler vers l’Amérique Latine mi septembre !

ob_952c1f_citation-petit-prince-reve

    20 Comments

  1. Un seul mot : magnifique !
    Bravo Maud!
    Bisous

    • Merkich 😉
      Bisous!!

  2. coucou Maud ,

    Un vrai plaisir de te lire ce matin , seule face à mon ordi en prenant mon petit dèj .juste avant le rush de mes 3 gars excités par la rentrée scolaire.photos splendides ,récit touchant …..et mollets impressionants.

    biz .

    Anne

    • Ah ah merci Anne! J’espère que tu as eu le temps de te vider l’esprit avant l’école! Bonne rentrée pour les loustics, bises à tous 🙂

  3. Il est 7 heures ce 2septembre quand je suis transporté par ton récit et ces images d’une nature sauvage ,mais tellement belle.
    Je jour se lève avec le soleil et le ciel bleu sur La Rochelle.
    Il fait très beau et très chaud pour cette période de rentrée des classes.
    Belle fin de séjour aux statues , merci pour cette rêverie veille et ā très bientôt.
    Des bises
    Michel

    • Merci Michel, profites bien de l’été indien dans notre belle ville! Pour moi c’est aussi les dernières semaines de fortes chaleurs avant le passage en haute altitude au Pérou!! Bises

  4. Superbe article ça valait le coup de l’attendre un peu!!!!mais dis moi tu n’es pas un peu en avance sur ton projet initial…….pour m’embrouiller ?? grosses …tres tres grosses bizettes

    • Je serais bien restée quelques semaines de plus aux States, mais je dois composer avec les climats des pays, et après octobre, la saison des pluies démarre en Bolivie… d’où mon saut en Amérique Latine mi septembre 🙂 Bisous à toute la familia!

  5. Magnifique comme d’habitude. C un tel plaisir de recevoir ton feed back. Ça donne envie de marcher dans tes pas enfin dans tes roues. La force est avec toi et tu es resplendissante : ça fait très très plaisir à voir. Merci pour le partage. Ici on est total addict. Bonne découverte de la Californie et bon séjour « final » aux States. Bises chaleureuses (à mettre de côté pour les moments de spleen). CS

    • Merci Chantal! Resplendissante…hummm ça dépend des jours!! A très vite pour un nouvel article avant mon envol en Amérique Latine 🙂 Bises

  6. Bonjour!
    Maman poisson, je suis votre périple depuis le début et je peux dire que j’ai accroché de suite!!
    Vos récits si bien écrits et vos photos superbes me font rêver et trembler’….je vous imagine seule, si loin, avec juste un vélo et deux sacoches et me dis qu.il faut bien du courage pour ne pas mourir de peur la nuit dans ces endroits déserts peuplés d’animaux sauvages.
    Après avoir goûté à ceci, le retour va être difficile….mais ce sera, c’est sur, pour mieux repartir dès que possible.
    Merci pour le partage, j’attends chaque article avec impatience et félicitations pour ce que vous faites
    Bonne continuation

    • Un grand merci à la Maman-de-Mumu!! C’est vraiment avec un immense plaisir que je partage cette aventure, d’autant plus si je peux transmettre quelques petits morceaux de mes rêves autour de moi! Je suis sûre qu’a mon retour les idées d’escapades ne manqueront pas, à commencer par notre belle France et par un saut à Massilia 🙂

  7. Malgré nos echanges réguliers , cette article est une vrai découverte de tes dernières semaines. Quelle diversité au travers des paysages, de la faune , de la traversée des villes petites et grandes…et surtout quelle richesse et générosité dans les rencontres que tu réalises… Les photos sont sublimes…merci et bonne route vers San Francisco. Profite de cette dernière période en Amérique du Nord….

    • Tu vas être rassurée… les fesses posées dans la voiture depuis 8 jours, au moins, je me remplume!! Mon arrivée à Yosemite cette après midi me replonge dans les paysages de mes débuts en Alaska, je boucle la boucle 🙂

  8. Tout ce que tu vie, vois, entends et touche est absolument fantastique et merveilleux…
    Merci pour le partage de ton épopée.
    L’important arrive non pas au terme de ta route, mais bien avant, pendant ton trajet lui-même (M.PAVIC).

    • Merci Marie! Bientôt de nouvelles aventures côté Sud 🙂 Bonne reprise à toi, bises!

  9. I sure enjoy your articles and beautiful pictures! It is a real blessing to know you and to be a small part of your great adventures. Can’t wait to see the postings from South America. I continue to pray for your safety.

    • Thanks so much Carol! You and your family made my stay in Salt Lake so perfect 🙂 I’m still enjoying San Francisco for a couple of days before flying to Peru! Cheers

  10. On ne se connait pas, je travaille avec votre maman, mais les moments que je passe à vous lire et à regarder vos photos sont enchanteurs et je vous en remercie ! Vous avez un regard magnifique sur la nature et les rencontres que vous faites. J’ai hate de suivre la suite de vos aventures. Vous êtes mon feuilleton préféré. Bonne continuation.

    • Merci beaucoup Valérie! C’est avec un grand plaisir que je partage mon aventure et toutes les belles choses que je découvre. Bientôt la suite en Amérique Latine!

Post a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *