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Take a walk on the wild side

Take a walk on the wild side

  • Author: MAUD
  • Date Posted: 24 Mai, 2016
  • Category:
  • Address: Fairbanks

Samedi 14 mai, nouveau et dernier départ d’Anchorage. Barbara m’a fait des provisions de nourriture, Christine récupère quelques affaires pour la France, Ole m’aide à bricoler mon vélo. Après un dernier au revoir chaleureux, je remonte sur mon Surly. Près de 600 kms m’attendent avant d’arriver à Fairbanks, prochaine « grosse » ville sur mon itinéraire.

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Forme physique au top, conditions climatiques parfaites, le short et la crème solaire sont sortis des sacoches. J’avale une grosse centaine de kilomètres sans sourciller. Premier bivouac au bord d’un lac, les lumières de fin de journée sont magnifiques. Premiers moustiques également, quelque chose me dit que ce ne seront pas les derniers…
Puis c’est le début d’une longue route monotone, coincée entre les forêts de bouleaux, ponctuée de montées-descentes pendant des dizaines de kilomètres. Heureusement, mon MP3 est là et m’aide à passer le temps. En Alaska, aucun souci pour chanter à tue-tête, au pire j’aurai heurté les oreilles de quelques élans…

A plusieurs reprises je longe d’immenses parcelles d’arbres calcinés. Oui, les feux de forêts sont un problème ici aussi. On voit de temps à autre au bord des routes des panneaux indiquant le niveau de risque d’incendie au jour le jour, et de nombreuses consignes sont affichées aux alentours des « campgrounds ».

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Pause déjeuner sur une des rares aires de service, mes réserves d’eau sont complètement à sec. Quelques hipsters dans des gros pick up passent me faire la conversation, intrigués par la petite frenchie et son gros vélo. Un peu plus tard, une australienne et une canadienne s’arrêtent sur le bord de la route, curieuses de connaître mon parcours. Je repars avec des bananes et des myrtilles, pile pour l’heure du goûter !

thumb_DSC00504_1024Arrivée à Talkeetna. Né de la ruée vers l’or à la fin du 19eme siècle, ce charmant village, d’a peine 900 habitants, à la particularité d’avoir Stubbs, un chat en guise de maire depuis 1997. Il est devenu une véritable attraction touristique. Je n’aurai pas la chance de lui serrer la patte…

En dehors de ça, c’est le bush. Rien que de la forêt, quelques habitations plus ou moins élaborées par ci par là, souvent entourées de brics et de brocs, de vieilles voitures et d’objets en tout genre.
En plus de leur maison principale, certains habitants possèdent des cabanes en dehors des villes, parfois accessibles uniquement en hydravion, moyen de transport courant dans l’Etat. J’en vois régulièrement passer au dessus de ma tête, ou amarrés sur des lacs.

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Je m’arrête prendre quelques photos au bord d’un de ces jolis « ports ». La lumière du matin, les montagnes et les grands sapins qui se reflètent en miroir sur l’eau sont superbes. Soudain, je vois quelque chose sauter dans l’eau… un castor ! Je m’approche, un, puis deux, trois, cinq, tous en train de nager, en émettant de petits cris de temps à autre. Leurs plongeons, assez drôles, font plus de bruit que ceux des orques vus la semaine précédente ! Ils utilisent leur queue plate en la faisant claquer sur l’eau puis se projettent avec leurs pattes arrières avant de ressortir quelques mètres plus loin comme des balles. Restant à l’écart en hauteur pour les observer discrètement, je m’approche finalement sur le ponton d’amarrage sans que cela semble leur poser le moindre souci.

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Un peu plus tard, je rencontre brièvement mes premiers voyageurs à vélo, des Français ! Florence et Matt, qui descendent dans l’autre sens, comptent faire la traversée complète de l’Amérique, et se donnent environ deux ans.
Puis c’est reparti pour une centaine de kilomètres avant d’atteindre la pointe sud du Denali State Parc. Montée. Descente. Montée. Descente. Mo… Moose ! Une femelle élan apparaît sur le bas côté, traverse tranquillement la route, tourne la tête un instant pour m’examiner, puis repart en trottinant dans les bois. Merci pour cet interlude animalier 🙂

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Après avoir testé mon physique, les éléments décident de tester mon moral en invitant la pluie. Changement de fringues, rangement des lunettes de soleil. Une longue journée s’annonce. Mon énergie baisse proportionnellement à l’augmentation de mon taux d’humidité, les montées deviennent bien plus longues que les descentes, j’ai froid, je me prends le souffle d’eau des camions qui me doublent… galère !
Je finis par m’arrêter au chaud dans l’unique motel à l’entrée Sud du Denali State Park, et engloutis un burger, sans forcer. Mon premier « vrai » repas depuis plusieurs jours, sur fond de musique folk américaine, je savoure. Après ça, il n’y a absolument rien sur la route avant 120kms, et le temps ne s’est pas amélioré. Le ciel est tellement couvert que je ne distingue même pas les montagnes du parc. Triste. Je décide d’en profiter pour me poser une journée, j’ai tiré sur la corde ces derniers jours, et ma forme s’en ressent.

Le lendemain, revigorée, je reprends le vélo et finis enfin par sortir de cette interminable forêt. Le ciel se dégage, les paysages de cartes postales réapparaissent, et le sourire avec.

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Cent kilomètres me séparent encore de James et Amanda, mes prochains hôtes Warmshower, et l’après midi avance… Je tends le pouce au premier pick up qui s’approche. Banco! Un retraité de la Navy me conduit jusque chez eux, à l’entrée Nord du parc national.

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Cet immense parc s’étend sur 24 600km2, l’équivalent de quatre départements français. Son point culminant à 6194m, le mont Mc Kinley, est le plus haut sommet d’Amérique du Nord.
Mais depuis Aout 2015, après un débat politique vieux d’un siècle, le Mc Kinley a retrouvé sa dénomination d’origine, Mont Denali, qui signifie « Celui qui est haut » dans le dialecte local des populations Athabascanes.
La plupart du temps, sa visibilité est rendue difficile par les nuages qui l’entourent, mais j’aurai l’occasion d’en avoir un superbe aperçu sur ma route.

Au sein du parc national, seul les bus du réseau Denali, les vélos et les randonneurs sont autorisés, dans le but de minimiser l’impact sur son environnement et sa vie sauvage. Le respect des animaux est tel qu’une femelle élan choisi de venir s’installer dans un bosquet à 50m de l’entrée du « visitor center » pour mettre bas… l’aire est cloturée, l’espace VIP du nouveau né préservé !

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Une seule et unique route en pierre s’avance sur 150kms à l’intérieur du parc, en dehors des chemins de trail. Jour de chance, l’accès aux 80 premiers kilomètres est ouvert le matin même. Je choisis l’option bus pour la journée. Nous grimpons à 1200m, et malgré le vent, la température reste agréable. Le soleil réchauffe le visage à travers les vitres, c’est bon de se laisser bercer par le ronronnement du moteur. Une journée de repos tout en admirant l’immensité des paysages…
Le contraste des panoramas est saisissant. Les kilomètres avancent et offrent tantôt un paysage de taïga, tantôt des vallées escarpées, tantôt des canyons arides… avant goût de l’Ouest Américain. Tous les dégradés de couleurs sont là, du brun à l’ocre, du gris au blanc immaculé, en passant par toutes les notes de vert. Côté faune; caribous, élans, mouflons, aigles, écureuils… ne manqueront que les ours, qui se font plus discrets.

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Enfin, je vais jeter un œil à la meute de chiens de traineaux du parc. Une trentaine d’Alaskian Huskies, qui aident à l’entretien du parc l’hiver et font des démonstrations l’été. Calme plat. Tous somnolent sous les rayons du soleil, tranquilles sur leurs cabanes en rondins. Mais dès l’instant où les harnais du traineau sont sortis, c’est l’euphorie générale ! L’histoire du parc et les traditions ancestrales aujourd’hui encore ancrées en Alaska nous sont présentés, puis tout le monde retourne à sa sieste.

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Finalement, c’est reparti pour les derniers 200 kms qui me séparent de Fairbanks. Bivouac, premier feu de camp réussi avec brio. Une rivière, une tente, un vélo. Et un pot de nutella. What else… ? Deux bike trippers qui débarquent un peu plus tard, encore des frenchies ! Pierre et Louis sont là pour quatre mois, ils souhaitent monter tout au Nord à Prudoe Bay, puis traverser le Canada jusqu’à Montréal. Leur signe distinctif : les cannes à pêche sur leurs vélos, mais ce n’est pas pour autant qu’on aura un bon saumon au diner…

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Lundi 23 mai. Fairbanks. La moitié de l’Alaska traversée durant ces trois premières semaines. Mon surly et moi nous sommes délestés de quelques kilos superflus, les jours passent et notre affutage se peaufine. Un peu de repos bien mérité, une check list à régler, des provisions à acheter, puis cap sur les 500 kms qui me mèneront à la frontière canadienne.

Enjoy the ride 🙂

    15 Comments

  1. Excellent!! Tu vas revenir affûtée comme un missile à ce rythme! Je viens de lire ton article avec mon sandwich dans ma bagnole à Limoges et je dois dire que dans ces moment là, je me demande vraiment ce que je fous là! Bon t’as vu des castors ok mais t’aurais pas aperçu également un panda par hasard?? La grosse bisette. Jules

  2. Mais dis donc ce n était pas de l intox ton projet…?tu le fais pour de vrai…….toujours autant de bonheur de te lire .grosses bizettes notre Module nationale

  3. Que de très belles rencontres durant ces 3 semaines ! Et quelle hospitalité de la part des locaux , certains devraient en prendre de la graine par chez nous:) Hâte de découvrir la suite des aventures au Canada! À très vite bises! ?

  4. Merci, tu me fais rêver !

  5. Salut Module,
    Toujours aussi cool de te lire!
    J’ai une pensée pour toi dès que je vois un cycliste un peu chargé!
    Bonne route et à bientôt.
    Bisous
    Chacha

  6. Troisième lecture et toujours autant de plaisir à découvrir sous ta plume ces terres lointaines. Une préférence pour la photo qui laisse apparaître le haut des bois des élans. Repos bien mérité, savoure.Prochaine aventure attendue avec impatience. ..

  7. What’s the fuck..
    T’es géniale profite de tout ça (j’suis jaloux). Et ramène du caribou j’suis sûr que c’est bon☺
    Jonnybegood

  8. J’adore te lire! Bonne continuation!

  9. Bonjour Maud
    vraiment impressionnant, je suis ton voyage avec grand intérêt. Bon courage.

  10. tellement fiere de ma témoin de mariage…
    Tu vis une aventure extraordinaire ma belle et tellement courageuse! Chaque jour la hâte me presse a savoir si tu as posté des news… Nous sommes peut être loin de toi mais avec toi!!!!
    Gros bisous

  11. coucou Maud! bravo pour tes articles, tes photos, c’est magnifique.
    Je t’ai envoyé un mail mais je crois que tu ne l’as pas eu.
    Tout va bien ici, Bounette est en forme et semble pas perturbée par ton départ (tant qu’elle a sa dose de carottes c’est bon) 🙂
    j’ai, comme tous les autres, hâte de lire la suite de tes aventures!
    gros bisous

  12. coucou,ma maudou ,j’ai enfin reussi a te trouver,pas rien de te courir apres,sur ton blog ,j’aurais mieux fait de prendre l’avion,car les photos et magnifiques commentaires tout ça donne envie de te rejoindre ,profites bien et prends en plein les yeux ,bisous

  13. Très agréable de lire ton parcours.
    Bon courage

  14. Hello Module!
    toujours aussi cool de te lire!
    keep going ! enjoy life 🙂
    gros bisous

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